dimanche 15 septembre 2019

La retraite aux USA en 2019

Après avoir parlé du rêve américain en 2019, puis vous avoir donné 5 chiffres fascinants sur l'argent aux Etats-Unis, nous voici au dernier article de cette "trilogie" sur l'argent, à savoir la retraite. L'idée est d'expliquer quel est notre plan personnel pour la retraite, en tous cas à l'heure actuelle, car le plan évolue assez fréquemment.

Je pourrais prendre ma retraite dans 12 ans si je mets 62% de mes revenus de côté... Voilà qui semble intéressant !

Depuis notre arrivée aux Etats-Unis, nous vivons quasiment avec un budget mensuel constant que je vous avais détaillé dans cet article sur le coût de la vie. En revanche, le business marche bien et nos revenus ont doublé, ce qui laisse donc beaucoup de place pour les économies.

Du coup, mettre de côté 50% ou plus de nos revenus n'est pas vraiment compliqué, et c'est ce que je fais depuis au moins deux ans maintenant.

Le calculateur ci-dessus estime donc qu'au rythme actuel et si nos revenus restent constants, je pourrais prendre ma retraite dans 12 ans, soit à 48 ans, ce qui est plutôt sympa et ambitieux à la fois ! Mon objectif officiel est d'arrêter à 50 ans, mais pouvoir prendre ma retraite dans la quarantaine serait encore plus fort.

Prendre sa retraite dans 2 ans ? C'est "jouable" si on économise 95% des revenus durant cette période de temps.

Mais comment ça marche, concrètement ? C'est assez simple. Prenez votre budget mensuel, multipliez le par 300, et vous avez le montant requis pour pouvoir arrêter de travailler. Pour plus de détails sur ce numéro magique, je vous invite à lire l'article complet de Mr. Money Mustache sur le sujet (lui a pris sa retraite il y a 12 ans...  à 30 ans !)

Donc si vous vivez avec 1000 dollars par mois, il vous suffit d'avoir 300 000 dollars de côté pour prendre votre retraite.

Dans notre cas, avec 7000 dollars de budget, le nombre magique pour prendre notre retraite est de... ahem... 2,1 millions de dollars.

Voilà une pile d'un million de dollars en billets de 100. Ca paraît plus "jouable" vu de la sorte, non ?

Ok, donc maintenant il faut que je sois deux fois millionaire pour prendre ma retraite, super nouvelle ! Mais c'est sans compter sur notre nouvelle meilleure amie : L'économie américaine !

Car la clé pour pouvoir arrêter de travailler, c'est d'avoir suffisament d'argent placé qui rapporte 5% nets par an ou plus, de sorte à pouvoir utiliser 4% de cette somme pour vivre. Ainsi c'est cet argent qui va "travailler" à l'infini, permettant effectivement de ne plus avoir besoin d'autres revenus.

Et la bonne nouvelle, c'est que les options ne manquent pas pour obtenir 5% de retour sur investissement annuels. La bourse US, ajustée après inflation, rapporte historiquement 7 à 8 % par an depuis sa création (et pour les pessimistes : Ces chiffres incluent les récessions - ce qui veut dire que les très bonnes années sont largement au dessus, par exemple 19,4 % en 2017).

Si cela ressemble à une maison, selon l'économie américaine, c'est plutôt une mine d'or. Elle a pris 100 000 dollars de valeur en à peine 3 ans. Si on décidait de vivre avec 1000 dollars par mois, je pourrais la vendre et prendre ma retraite... maintenant !

L'autre moyen de bien placer son argent est l'immobilier. Notre maison prend pratiquement 10% de valeur par an et nous sommes encore très très loin des prix de San Francisco, donc il y a encore de quoi faire.

C'est la raison pour laquelle on en a acheté une deuxième qui se paie toute seule grâce à AirBnb. Il y a aussi des gens qui investissent dans 2, 3 ou 4 AirBnbs et prennent leur "retraite" dans la foulée, dans la mesure où leur seul travail est de gérer leurs locataires temporaires.

Et puis j'investis aussi beaucoup dans Fundrise, où je possède un petit morceau de... 169 propriétés à ce jour, réparties aux 4 coins des Etats-Unis :



Donc voilà à quoi ressemble notre plan pour le futur. Investir massivement tous les mois de façon diversifiée (marchés, immobilier, etc.) aux quatre coins des US, faire ça pendant 10-12 ans, et on dervait arriver au nombre magique qui permette d'arrêter de travailler.

Cela pourrait aussi aller plus vite si je décidais de vendre mon business à un prix approchant notre nombre magique, par exemple... Il y a plusieurs chemins pour aller à Rome, et nous travaillons sur 2 ou 3 chamins à la fois, donc ça devrait le faire !

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à m'en faire part en commentaires.


dimanche 8 septembre 2019

A la conquête de Bennettville - Yosemite

Début juillet, nous avons fait un petit road-trip dans la Sierra Nevada. Sur le chemin du retour, nous avions décidé de randonner dans la haute Sierra, qui est inaccessible pendant une grande majorité de l'année, la faute à une épaisse couche de neige.

Vue au début du sentier

Depuis quelques temps, j'utilise l'app et le site web AllTrails.com pour planifier nos randonnées, et cela nous a permis de dénicher pas mal de marches sympathiques. L'avantage est que l'on peut facilement filtrer les randos en fonction de leur longueur et du niveau de difficulté, ce qui est parfait quand on a des enfants ou un temps limité pour randonner par exemple.

Le profil de notre randonnée sur AllTrails

Pas besoin d'acheter des cartes de randonneurs quand on utilise AllTrails, car tout est là. Il est même possible de télécharger les cartes pour pouvoir les utiliser sur son téléphone et se guider via GPS là où il n'y a pas de réseau.

C'est grâce à AllTrails que j'ai découvert cette randonnée juste à l'Est de Yosemite qui mène à une ville minière abandonnée dans la montagne nommée Bennettville.On se gare près de Tioga lake et commence à suivre ce qui ressemble à une ancienne route à travers les champs. Le temps est parfait, ni chaud ni froid (on se trouve à 3000 m d'altitude), et le ciel d'un habituel grand  bleu californien :


L'aventure commence cependant assez rapidement pour notre petite troupe. En effet, la neige est encore bien présente et si passer des bancs de neige à pied n'est pas trop un problème, c'est une autre histoire quand il s'agit de traverser de véritables ruisseaux éphémères créés par le fonte des neiges.

Les pieds nus dans l'eau à 4-5 degrés, même pas mal !

Les obstacles sont nombreux et demandent de l'ingéniosité, car  à certains endroits le chemin est complètement inondé, à d'autres rendu invisible par la neige ou des arbres tombés en travers. Les détours sont donc fréquents !

Ce lac déborde et nous oblige à faire un détour

Nous arrivons à  Bennettville pour midi, et apercevons les deux cabanes restantes au milieu des arbres. La fonte des neiges est trop intense dans les parages et un gros torrent nous empêche d'en approcher, malgré plusieurs essais de ma part pour construire un pont de fortune ou trouver un endroit traversable à pied.

Le torrent qui nous empêchera d'accéder à Bennettville

Bennettville fut fondée  en 1860 par Mr. Bennett, un entrepreneur qui avait pour rêve ultime de créer une ville minière de 30 000 habitants dans ces montagnes. Les premiers forages furent prometteurs et de l'or fut découvert, ce qui attira suffisamment de monde pour lancer la création d'une route qui traverse la Sierra Nevada d'ouest en Est.

L'entrée des mines est quasiment bouchée par la neige

Au final, après des années d'essais peu fructueux, la mine ne produira jamais assez d'or pour justifier l'installation d'une telle ville dans les montagnes. La route fut cependant construite durant cet intervalle de temps, et est aujourd'hui connue sous le nom de Tioga road (highway 120). Bennetvill sera complètement abandonnée en 1890.

C'est donc grâce à l'obstination de Bennett qu' il est aujourd'hui possible de traverser Yosemite d'Ouest en Est, même si la route actuelle a bien évidemment été largement améliorée, modifiée et élargie.

Après toutes ces années, on peut toujours voir les traces de l'ancienne route empruntée par les chevaux

Après notre pique-nique dans la petite vallée où se trouve Bennettville, nous prenons le chemin du retour. Toute cette humidité couplée à la hausse des températures fait que les moustiques pullulent, et nous nous faisons littéralement dévorer !

L'eau ruisselle de partout depuis le manteau neigeux

De retour à la voiture après plusieurs heures d'aventure, enfants et parents sont ravis. "C'était fun !" disent les kids à l'unisson. Nous entrons ensuite dans Yosemite, et le ranger à l'entrée du parc me pose la question classique : "Vous pouvez aller jusqu'où avec cette voiture ?", voyant que c'est une Tesla et donc électrique. Il est bluffé quand je lui réponds que je peux aller jusqu'à Sacramento avec mon "plein". 10 ans après la sortie de la première Tesla, les gens pensent donc toujours qu'un véhicule électrique n'a pas d'autonomie.

Nous traversons ensuite le parc d'Est en Ouest et en profitons pour photographier quelques uns de nos endroits favoris :

Tenaya Lake et Tioga road

Half Dome depuis Olmsted Point

Voilà pour cette journée d'aventure démarrée le matin à Mammoth Lakes et terminée le soir dans notre chalet à Groveland, où nous passons les deux jours suivants avant de rentrer à la maison. Nous avons roulé plus de 2 heures depuis la discussion avec le ranger, et la voiture a plus de "jus" que lorsqu'il nous a posé la question. Nous avons fait toute cette distance sans consommer d'énergie. Les routes de Yosemite doivent être magiques ! (ou tout en descente dans ce sens :-) )

dimanche 1 septembre 2019

Cinq jours en Bolivie

L'un de mes objectifs cette année est de poser le pied sur les deux continents qui m'ont résisté jusqu'alors : L'Amérique du Sud et L'Océanie. La première étape était donc la semaine dernière en Bolivie, où j'avais été sélectionné pour intervenir à la conférence ng Bolivia.

Vue de ma chambre le matin de mon arrivée en Bolivie, après... 32 heures de voyage ! La statue du Christ sur la montagne est plus grande que celle de Rio de Janeiro, ce qui fait la fierté des locaux.

Voyager de Sacremento à Cochabamba fut une sacrée aventure, avec pas moins de 4 vols pour arriver à destination : SMF - EWR - LIM - VVI - CBB (Soit Sacramento - Newark, New Jersey - Lima, Pérou - Santa Cruz, Bolivie - Cochabamba, Bolivie).

J'avais prévu d'arriver la veille de la conférence et de repartir deux jours après histoire de pouvoir visiter la ville et d'en profiter un peu sur place.

Une brouette, quelques fruits frais, une intersection, et voilà un business qui roule !

C'était donc ma première visite en Amérique du Sud, et aussi ma première véritable immersion dans un pays où l'anglais n'est pas forcément parlé du tout. Je ne connais pas l'espagnol, et même si certaines choses se lisent assez facilement, mes hôtes organisateurs de la conférence ont redoublé d'efforts pour que je suis accompagné aussi souvent que possible par quelqu'un qui parle anglais.

Je n'avais rien demandé, et j'avoue apprécier me promener tout seul dans les rues lorsque je visite un nouvel endroit, mais l'hospitalité locale voulait s'assurer de mon bien être et j'ai donc bénéficié de chauffeurs bienveillants pour me transporter aux quatre coins de Cochabamba, la quatrième ville du pays avec 630 000 habitants.

Je ne suis pas le genre à faire des selfies, mais mes nouveaux amis Boliviens étaient tellement contents d'avoir quelqu'un qui vienne des USA pour leur conférence que j'ai fini "star des selfies malgré moi" durant ces quelques jours.

Que retenir de la Bolivie ? L'hospitalité en premier lieu. Comme en Inde l'an dernier, j'ai été traité comme un roi et les gens n'hésitaient pas à se lever à 5 heures du mat' pour venir me chercher à l'aéroport ou m'emmener dans un bon restau à l'autre bout de la ville sans que je n'aie jamais rien demandé.

J'ai été également surpris de voir que finalement, la Bolivie me faisait assez penser à un mélange d'Inde et d'Afrique du Sud, mes deux autres références personnelles dans l'hémisphère sud. Même si la conduite et le trafic étaient 100 fois moins intenses qu'en Inde, voir des gens passer au feu rouge, les piétons courir pour traverser entre des dizaines de voitures, et des fils électriques pendre au niveau des piétons dans la rue était une expérience assez courante.

En Inde, j'avais vu des échafaudages en bambous. En Bolivie, ils utilisent des branches d'arbres pour soutenir les étages d'immeubles en construction, ce qui était assez original :



Un mystère que je n'aurai jamais résolu est que tous les bâtiments à plusieurs étages que j'ai vus semblaient ne jamais être terminés. C'est à dire que des gens habitaient dans les étages du bas, les étages du milieu étaient... pas finis et à moitié squattés (ou habités légalement mais dans des conditions primaires - pas de fenêtres ni de finitions sur les murs et sols, que du béton !) et les étages supérieurs complètement abandonnés.

C'était le cas même sur des constructions récentes et au style assez moderne :

Un classique à Cochabamba : Rez de chaussée et premier étage finis, deuxième étage à moitié terminé, et rien au troisième...

Pour le reste, les rues et bien souvent les vêtements sont hauts en couleurs, et ça c'est vraiment dépaysant :

Bus typique comme on en croise toutes les 5-10 minutes dans les rues

En terme de gastronomie, les boliviens aiment les grosses assiettes bien remplies, alors me voilà avec le plat typique de Cochabamba, dont je n'ai évidémment pas retenu le nom espagnol, mais qui consiste en une montagne de viande sur un lit de frites - très bon, mais j'ai pris deux kilos en cinq jours !

Je crois avoir mangé tous les jours pommes de terre + viande, ce qui semblait être la seule option partout où je suis allé !

Eglise typique à Cochabamba

Cochabamba est à 2560 mètres d'altitude dans la cordillère des Andes. La ville est surnommée "ville du printemps éternel" car les températures y sont quasi constantes toute l'année.

Cela reste très surprenant pour moi car c'était (en théorie) l'hiver là bas, et il faisait 5 degrés la nuit puis 26 l'après-midi, et ce tous les jours ! Du coup, il faut en permanence mettre ou enlever des couches de vêtements pour ne pas avoir trop chaud ou trop froid.

Les fans de vieilles coccinelles sont nombreux en Bolivie ! J'en ai vu une bonne dizaine en cinq jours là bas.

Du coup, Cochabamba restera le seul endroit que j'aie visité dans le monde à ce jour où ma chambre d'hôtel n'avait ni chauffage, ni climatisation ! Les locaux me l'ont confirmé : La plupart des maisons n'ont ni l'un ni l'autre, l'isolation et le climat clément font le reste, ce qui est plutôt cool.



Monter des escaliers ou courir à Cochabamba fut un vrai challenge en raison de l'altitude couplée à la pollution. Comme en Californie, le climat et très sec et des feux de forêts grignotaient les bords de la ville, apportant une odeur de brûlé et un brouillard de fumée de temps à autre.

Rue typique avec ses boutiques, chariots de vente de fruits un peu partout, et les fils électriques dans tous les sens

Pour mon dernier jour, j'ai visité rapidement une seconde ville, la plus grande du pays, Santa Cruz de la Sierra, où le climat était lui tropical car la ville est située entre Amazonie et Andes.

J'étais trempé après une demie heure de marche, ce qui ne m'a pas empêché de prendre quelques photos sympas :

Cathédrale de Santa Cruz

Bâtiments du gouvernement local



Voilà donc pour cette aventure en Bolivie. Le retour fut aussi long que l'aller avec 4 nouveaux vols: Cochabamba - Santa Cruz - Sao Paulo, Brésil - Houston, Texas - Sacramento, Californie.

Du coup, j'ai mis le pied dans trois pays sud américains : Bolivie, Pérou et Brésil, même si je ne suis pas sorti de l'aéroport dans ces deux derniers.

Heureusement, malgré des retards sur presque tous mes vols, aucune correspondance de loupée donc j'ai pu rentrer sans encombres d'un voyage bien long mais fort sympathique.

Prochains voyages internationaux : Londres fin septembre puis Australie en octobre !

samedi 17 août 2019

San Francisco, version 2019.7

San Francisco est l'une des villes que je visite le plus fréquemment, en général 4 ou 5 fois par an sinon plus, mais je n'en parle que rarement sur le blog. Aujourd'hui est l'occasion de réparer cet oubli !

Vieille façade de bar / restaurant sur Bush Street

Au fil des années, ma vision de San Francisco a évolué de celle du simple touriste à celle de vrai connaisseur. J'ai pu voir la ville changer et évoluer à un rythme fou. D'un point de vue architectural, c'est certainement le quartier de The East Cut qui a le plus changé.

Les gratte-ciel y ont poussé comme des champignons, et la future gare TGV s'y trouve en plein milieu de la ville, comme un nid gigantesque surplombé d'un parc très agréable à visiter :

Le "nid" ou Salesforce Transit Center qui un jour sera une gare TGV. Et il y a même un téléphérique pour monter sur le toit / parc !

Cette gare Salesforce est adossée à la tour Salesforce et le parc lui aussi nommé Salesforce... J'y ai enseigné il y a quelques semaines, et en plus d'avoir désormais la plus haute tour de San Francisco, la compagnie en possède 3 autres dans le quartier... Il faut dire qu'elle a 35 000 employés.

Dans toutes les autres villes US, les grandes tours sont principalement des banques ou des assurances, mais à San Francisco, l'informatique peut aussi se le permettre !

Trois des 4 tours Salesforce en une image

San Francisco est aussi la ville où l'on voit (et de loin) le plus grand nombre de vélos, trottinettes et voitures électriques. Avoir une Tesla à SF est plus que banal ! Il y a aussi énormément de piétons partout, et je sais de quoi je parle, c'est pratiquement impossible d'y courir tellement il y a de monde !

Une rangée de vélos à louer

L'empreinte des start-ups high-tech est partout. Il m'est arrivé de croiser un robot livreur sur un trottoir, et plus récemment, une remorque qui contenait un robot-barista que l'on peut rgarder faire du café à travers une vitre :

Le robot barista en action

Et puis il y a les côtés obscurs de la ville. Les SDF sont des milliers et des milliers tout partout. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai vu quelqu'un littéralement baisser son pantalon en plein milieu d'un trottoir et de la journée pour faire ses besoins...
Se loger à San Francisco est devenu quasiment impossible : Un studio 1 chambre de base coûte au moins 2500 dollars par mois. 3 chambres ? 5 800 dollars par mois !

Et pour acheter, n'en parlons pas :

2 chambres pour 850 000 dollars... Ben voyons !

Certes, le revenu moyen d'un foyer à San Francisco est proche de 100 000 dollars, soit environ 6 300 dollars par mois, à peine de quoi payer un logement de trois chambres et... rien d'autre.

Du coup, une pratique de plus en plus fréquente est de voir des gens dormir et vivre dans leur voiture pendant quelques mois, histoire d'accumuler un peu d'argent plutôt que de tout mettre dans ces loyers ou de devoir habiter à des heures de route de la ville. Certains parkings ferment même la nuit pour éviter de devenir de vrais campings urbains... Tout simplement dingue.

C'est donc un peu la ville de tous les extrêmes où rien n'est vraiment comme ailleurs.  C'est aussi la seule ville où j'aie vu des manifestations pour défendre l'environnement, car le côté écolo est extrêmement présent à SF :

 

Voilà donc pour l'état des lieux de San Francisco à fin juillet 2019 (pour les non initiés, c'est le 2019.7 du titre). C'est toujours un plaisir d'y aller et de voir la ville évoluer aussi vite, et si SF n'est pas exempte de paradoxes et de problèmes à résoudre, elle se veut toujours être un exemple de tolérance, d'innovation et d'acceptance sociale.

Affaire à suivre !

dimanche 21 juillet 2019

Après l'amérique, le reste du monde - Business update n°18

Avec quelques jours de retard, voici mon habituel bilan business trimestriel. Comme pas mal de monde, j'ai ma propre bucket list (une liste de toutes les choses que je voudrais faire dans ma vie), que je prends très au sérieux, donc je travaille activement au quotidien à réaliser cette liste d'objectifs :

Quelques exemple de ma bucket list. Traverser en voiture de côte à côte, c'est fait !

C'est à dire que chaque entrée de ma bucket list termine en un objectif annuel qui se décline en des tâches chaque jour, semaine ou mois pour atteindre ces buts. Par exemple, il y a l'objectif en jaune ci-dessus "Visiter tous les continents du mondes" et je voulais m'activer à ce sujet.

En effet, grâce à mon périple en Inde l'an dernier, il ne me reste "que" deux continents à visiter : L'océanie et l'Amérique du Sud.

J'étais à Indianapolis une semaine avant les 500 miles d'Indianapolis. L'aéroport était bien décoré pour l'occasion.

 Alors vu que l'un des mes autres objectifs annuels est d'intervenir à au moins 4 conférences, j'ai décidé en début d'année de faire d'une pierre deux coups en commençant à lister des conférences qui pourraient remplir tous mes critères (calendrier + continent + type de conf qui serait intéressée par mon profil).

Une fois cette liste établie, j'ai postulé à différentes conférences en Australie et en Amérique du Sud, et ai appris ces dernières semaines être sélectionné pour une conférence à Sydney en octobre et une en Bolivie en août ! Et hop, ça c'est fait.

Survol de Monument Valley, Utah après une formation à Dallas, Texas en Mai.

Bien entendu, il ne faut pas croire que chaque candidature est acceptée : Mon taux de réussite lorsque je postule à des conférences est d'environ 50%. Donc je sais que pour atteindre mon objectif de 4, il faut postuler à 8 conférences au moins (et j'ai postulé à 10 cette année - sélectionné pour 6 d'entre elles - mes stats s'améliorent !)

Clara et Thomas ont pu enfin voir la tour Eiffel juste avant de repartir de nos 3 semaines en France en juin

Puisque je parle de conférences, souvenez vous de ma relative déception de ne pas avoir été sélectionné pour ng-conf cette année. Je me suis donc dit : "Si tu ne peux pas faire la plus grand conférence Angular au monde cette année, pourquoi pas essayer la deuxième plus grande, qui est la plus grande en Europe ?".

Alors j'ai postulé avec une bien meilleure préparation à Angular Connect, qui aura lieu à Londres en septembre, et j'ai été sélectionné ! Voilà donc de quoi m'offrir un beau "tour du monde des conférences" en cette seconde partie de 2019. Et puis, à défaut d'être prophète dans mon pays, je le serai un peu juste à côté :



D'un point de vue chiffres, 2019 est partie pour battre tous les records de 2018. J'ai deux mois d'avance sur mes objectifs de revenus et si je continuais au rythme de ce premier semestre, je serais tout simplement 100 000 dollars au delà de mon objectif. Pfiou !

Les multiples tour du QG de Salesforce à San Francisco où j'ai formé une quinzaine de personnes en juillet

Je pense donc lever un peu le pied désormais et en profiter pour passer moins de temps à travailler. D'ailleurs, vous aurez remarqué que je poste de moins en moins souvent sur ce blog, ou que je suis un peu en retard sur certains articles récurrents, et c'est principalement parce que je travaillais un peu trop jusqu'à maintenant. Mais ça va changer, c'est promis !

 Si vous avez des questions, n'hésitez pas à m'en faire part en commentaires.

dimanche 14 juillet 2019

Ecole aux USA : Fin de la première année scolaire !

Et voilà, la première année scolaire de Thomas en Californie est terminée ! Cela fait même déjà quelques temps, puisque depuis son dernier jour d'école, nous avons passé trois semaines en France, puis une autre semaine en road trip dans la Sierra Nevada, et voilà qu'il s'apprête donc à reprendre l'école dès jeudi prochain, le 18 juillet.

Thomas et sa maîtresse le dernier jour d'école

 L'année s'est terminée par une journée de "promotion" où tous les enfants ont chanté quelques chansons, puis chacun leur tour sont montés on par un sur scène pour être présentés par leur enseignante en quelques mots, avant de serrer la main du principal et la principale adjointe. Nous avons ainsi appris que Thomas, quand il sera plus grand, veut être "joueur de football professionnel en France" !

Pendant la cérémonie de "promotion". Il y avait des chemises et des cravates !

Thomas a également reçu plusieurs diplômes, l'un pour avoir complété son année de Kindergarten, et un pour avoir réussi 100% d'assiduité tout au long de l'année, sans avoir manqué le moindre jour d'école. Le fait de ne jamais avoir été malade durant les jours d'école a beaucoup aidé, c'est certain.

Une année d'école et déjà des diplômes !

Durant notre séjour en France, nous avons été assez stupéfaits de voir que Thomas lisait assez bien le français, une fois quelques règles expliquées.

Du coup, nous lui avons trouvé un cahier de vacances en France et avons choisi celui de "passage de CP à CE1" car "maternelle à CP" était vraiment trop bébé (du style coller des gommettes de couleur au bon endroit), alors qu'en Kindergarten Thomas à appris:
- A compter jusqu'à 100
- A lire et écrire
- A faire des additions et soustractions

Donc le programme US est largement en avance quand on part du principe qu'il n'était pas encore en équivalent CP en France.

Du côté de l'école, nous sommes 100% satisfaits du déroulement de cette première année. Ce n'était que la seconde rentrée de cette école flambant neuve donc il n'y avait pas encore beaucoup de retours à son sujet, mais ça commence à venir et les premiers résultats sont très bons, car la majorité des élèves en sortent bien meilleurs que la moyenne en Californie :




Car oui, il y a deux choses à retenir de ce que je viens de vous dire. La première, c'est que toutes le statistiques de chaque école sont publiques. La plupart des écoles du district scolaire dans lequel nous habitons sont évaluées à 8 ou 9/10, mais le district voisin a des écoles à 2 ou 3/10 par exemple.
Donc nous avions choisi notre maison en connaissance de cause.

Les notes des écoles dans notre ville. Nous sommes tout en bas à droite.

Le second point, c'est que les programmes sont décidés par chaque état et non par le gouvernement fédéral, ce qui est très différent de la France où l'état providence décide de tout, et les régions suivent le mouvement. C'est important de le mentionner car la seule question que j'aie eue en France était : "Et Trump alors ?" et je m'évertuais à expliquer que les états ont un bien plus grand pouvoir sur notre quotidien que le gouvernement fédéral. L'école en est une preuve parmi beaucoup d'autres.

Voilà donc pour cette première année scolaire. La semaine prochaine, Thomas entre donc en 1st grade (CP) tandis que Clara sera encore en pre-school privée car encore trop jeune pour entrer dans l'école publique.

Des questions ? N'hésitez pas à les poser en commentaires.

dimanche 30 juin 2019

[Bilan] 5 ans en Californie !

5 ans déjà ! C'est ce que disaient la plupart de nos connaissances durant ces trois dernières semaines passées en France. Mais pour nous, ces 5 années paraissent davantage comme 10 ans ou plus tellement il s'est passé de chosesen si peu de temps.

Faisons un petit bilan récapitulatif du chemin parcouru. Tout avait démarré avec une petite feuille Excel fin 2013 :

Objectif #1: Déménager en Californie. Actions requises: Obtenir un visa - Vendre voitures et maison - Déménager. Pourquoi se compliquer la vie ?

C'est ainsi que démarrait notre quête de Californie. Après avoir consulté divers avocats, je choisissais le visa E2 (comme expliqué ici) qui consistait à démarrer une entreprise en Californie, y investir beaucoup d'argent, et advienne que pourra.

Bien évidemment, je n'avais jamais créé d'entreprise auparavant, et je n'ai aucun diplôme dans le domaine, amateur que je suis. Mais peu importe, en mars 2014, nous débarquons pour deux semaines dans la Silicon Valley, avec pour but de trouver un bureau, embaucher un premier salarié, et décider du futur lieu de notre installation

Comme vous pouvez le voir sur ma feuille Excel ci-dessus, l'objectif était d'être en Californie avant le 1er septembre, à peine 5 mois après ce voyage de repérage.

Dès notre retour, le dossier de visa est assemblé et envoyé à l'ambassade des USA à Paris. Début juin, notre visa est approuvé. Fin juin, il y a pile 5 ans, nous atterrissions à san Francisco. Objectif atteint, avec deux mois d'avance !

Les fameuses valises de notre "débarquement" en Californie, où comment faire tenir toute sa vie dans un coffre, le temps de quelques semaines.

Je dois avouer que je tourne toujours la tête lorsque nous passons devant l'hôtel où nous avions débarqué à Sacramento en 2014. Ca fait toujours quelque chose de se dire "c'est là que tout a commencé", que la construction pièce par pièce de notre nouvelle vie avait débuté.

Il y avait probablement quelque chose de fou dans le fait de tout plaquer en France pour recommencer à zéro dans un endroit où l'on ne connaissait personne. Mais après notre première expérience aux USA, j'étais intimement convaincu que c'est un pays où le travail paye. Je savais que d'une façon ou d'une autre, quelqu'un finirait par me donner ma chance et que tout irait bien.

Et cela a été le cas ! Après à peine 3 mois, nous étions complètement installés et le business tournait bien. Evidemment, ce n'était pas toujours facile mais nous avons fait notre petit bonhomme de chemin et 5 ans plus tard, plus personne n'ose même nous demander si on va un jour rentrer en France, parce que les gens ont bien compris que la question ne se pose plus.

Un an après notre arrivée, c'est Clara qui débarque et devient ainsi la première américaine de la famille !

L'an 2 de notre expatriation marque l'arrivée de Clara. La petite famille compte désormais 4 membres avec une petite américaine ! Et même si notre visa E2 nous plait, nous commençons à songer à la résidence permanente aux Etats-Unis, la fameuse carte verte. Nous entamons des mois et des mois de de procédures, et début 2017, c'est chose faite, nous voilà tous résidents permanents pour toujours !

20 mois après notre arrivée, nous achetons notre première maison aux USA

Au niveau travail, tout ce qui se passe durant ces 5 années dépasse toutes mes espérances et de loin. Qui aurait parié que mon tout premier client californien serait... le gouvernement de Californie ! Que des éditeurs s'intéressent à mon travail et me proposent de publier des cours ? Que je sois amené à voyager en Afrique du Sud, en Inde, et même bientôt... en Australie ! Et que Google me nomme Google Developer Expert en 2017 ?

J'aurais signé pour simplement 10% de ce qui m'est arrivé ces cinq dernières années... Aux USA, c'est clair et net, le travail paie, je ne peux pas dire le contraire ! J'ai même récemment réalisé que nous avions dépassé le million de dollars en chiffre d'affaires depuis notre arrivée aux USA, ou encore qu'en janvier 2019 j'ai gagné en un mois l'équivalent d'un an de mes anciens revenus de cadre dans un grand groupe industriel français... 

Ca peut donner le tournis et c'est en tout cas complètement dingue (pour plus de détails, vous pouvez lire ma catégorie business sur le blog avec des bilans détaillés tous les trois mois)

Antelope Canyon, Utah, fin 2017

Et nous ne faisons pas que travailler, loin de là ! Je mets un point d'honneur à prendre plus de congés qu'en France, et nous voyageons ainsi au moins 7 semaines par an, ce qui nous a permis de faire deux ou trois trucs assez exceptionnels, comme :
Devant le mont Rushmore dans le Dakota du Sud


Et les enfants dans tout ça ? Ils sont comme des poissons dans l'eau. Ils jonglent entre français et anglais sans problème, veulent aller à l'école même le week-end, et ont tout simplement la belle vie.
Ce sont des petits rois quand on rentre on France, même si ils ont du mal avec certaines différences culturelles. 

Par exemple, Thomas décrit avoir eu une super journée et s'être éclaté, et se fait rectifier par un membre de la famille que c'était "pas trop mal", mais pas "super", ce que le pauvre petit ne peut évidemment pas comprendre (moi non plus d'ailleurs - c'est pour ça que nous sommes partis !). 

Mais bon, ça m'éclate de voir notre petit Thomas, à peine rentré de France en Californie après 11 heures de vol puis 2 heures de route, couché à deux heures du mat, se lever le matin et dire d'emblée : "Je vais à l'entrainement de foot ce soir, hein ?". Puis de débarquer sur le terrain par 32 degrés tout enthousiaste "hey guys, I'm back !" (hé les gars, je suis de retour !). Un vrai petit guerrier qui passe d'un monde à l'autre sans problème !

Parc national des Arches durant notre traversée du pays en 2018

Sommes nous partis pour 5 ans de plus en Californie ? C'est fort probable. Nous signerions à deux mains pour cinq nouvelles années aussi remplies et abouties, c'est certain. Dans tous les cas, on y travaille au quotidien, à la fois pour le présent mais aussi et surtout pour le futur. 

Car qu'est-ce qui serait plus dingue dans 5 ans que de pouvoir dire : C'est bon, on a assez travaillé, on peut désormais prendre notre "retraite" et rendre le travail optionnel ? J'avoue que c'est un objectif assez ambitieux, probablement un peu trop, mais bon... On en reparlera d'ici là et bientôt en plus de détails sur le blog, comme promis il y a quelques mois déjà !

En attendant, si vous avez des questions sur ces 5 ans, n'hésitez pas à nous en faire part en commentaires.