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vendredi 17 juillet 2026

Un an en France, ça donne quoi ?

 Cela va faire un an que nous sommes revenus en France après avoir passé 11 ans en Californie. Si vous vous demandez comment ça se passe, ce petit article est fait pour vous. J'ai aussi enregistré plusieurs podcasts, dont le dernier ici il y a deux semaines.

Souvenir d'une conférence en Grèce début 2026

Ce qui a rendu un retour possible et envisageable, c'est de ne pas avoir à travailler en France. Et quand je dis "ne pas travailler", je ne veux pas dire "ne rien faire et toucher le chômage", je veux dire "ne pas avoir de CDD ou de CDI dans une boîte française", car c'est le monde du travail en France qui avait motivé notre départ en 2014. 

Du coup, l'idée était de surfer sur ma réputation à l'international pour continuer mon activité de toute façon majoritairement passive depuis 2023 (comprendre : je n'échange que rarement mon temps contre de l'argent, ce qui offre une grande liberté géographique), et parcourir l'Europe avec tout plein de conférences auxquelles je n'avais jamais participé auparavant. 

J'ai déjà vu Athènes, Varsovie, Berlin, Paris, et bientôt Munich et Vérone vers la fin de l'année. Même approche qu'aux États-Unis, rien n'a changé !

Il aura fallu 20 ans de carrière professionnelle pour enfin faire une conférence en français et en France - c'était à la Sorbonne fin mai 2026

Pour résumer l'aspect business : Tout va bien de ce côté-là. Je n'ai pas besoin d'avoir des clients en France, même si j'en ai quelques-uns : c'est souvent beaucoup de paperasse, de délais et d'annulations pour une fraction des revenus américains... À titre d'exemple, j'ai fait une formation pour des clients californiens qui m'a rapporté 10 fois plus que la même formation pour un client français deux semaines plus tard... Oui, 10 fois plus, et on ne m'a pas demandé de numéro de SIREN, TVA, NDA, Qualiopi, ou je ne sais quel autre acronyme dont la France raffole.

Le vrai bémol, en France, c'est encore et toujours l'administratif. Il a fallu six mois pour obtenir une carte vitale. Ce NDA (numéro de déclaration d'activité) pour les formateurs, on me l'a refusé deux fois pour des broutilles : on te demande d'envoyer ta carte d'identité recto-verso sur le web, mais un seul fichier est joignable, donc je n'envoie que le recto, paf, dossier refusé, après deux mois de délai, une lettre recommandée avec accusé de réception, et un délai d'au moins deux semaines avant de pouvoir réessayer. 

Le Mont Saint Michel, une de nos petites excursions hors Bretagne de 2026

Bref, ça n'a pas changé, en France, on veut toujours empêcher les gens de travailler et favoriser les grosses boîtes qui, elles, peuvent avoir des tas de gens payés pour jouer à ce genre de petits jeux avec l'administration. 

Mais bon, on n'a pas besoin de revenus d'origine française, alors on prend ceux de l'étranger, qui :

1) Sont plus élevés

2) N'ont pas de paperasse 

3) N'ont pas de TVA !

La pointe du Raz

Notre vraie crainte avant de revenir en France, c'était l'adaptation des enfants, surtout pour le français, qu'ils n'avaient jamais lu ni écrit dans un contexte scolaire. Si le premier trimestre a été le plus difficile, tout a bien changé depuis. Ce dernier trimestre, Thomas a terminé premier de sa classe en anglais (of course) mais aussi… en français ! Bon, la barre est moins haute que celle de notre temps, mais faire mieux que tous ceux qui sont à l'école en France depuis le début, c'est quand même spectaculaire, surtout pour terminer deuxième de la classe en moyenne générale, à 0,18 point du premier.

Clara a aussi reçu beaucoup de compliments pour sa progression spectaculaire, surtout en dictée, où, selon son enseignante, elle serait l'une des meilleures de sa classe !

Ces deux-là ne veulent pas retourner aux États-Unis !

Et puis il y a le sport, où les deux se débrouillaient bien aux US, et nous avions donc de bons espoirs que cela se passe bien aussi en France, et ça a été globalement le cas, même si c'était plus difficile que l'école.

Beaucoup de temps en tant que remplaçants pour les deux enfants, qui ont malgré tout su profiter de leur temps d'expression, avec des buts pour Thomas et des victoires pour Clara !

Deux secondes avant le 28ème but de la saison... Thomas finira finalement à 30, son record, mais c'est aussi la première fois qu'il joue tout le temps attaquant, ce qui aide...

En twirling, Clara a décroché plusieurs championnats du Morbihan et de Bretagne en duo et en équipe, mais surtout la consécration de terminer la saison par un titre de championne de France FSCF en équipe F12 Excellence à Bourg-en-Bresse début juillet ! Son club a même terminé meilleur club de France lors de ces championnats : Nous avons donc bien choisi.

Sur la plus haute marche du podium devant près de 4000 personnes (salle comble), c'est quelque chose !

Pour le sport aussi, le rythme est différent : il faut passer les échelons, étape par étape, au fil des saisons, et, bien évidemment, l'expérience acquise à l'étranger n'est pas reconnue. Mais bon, globalement, on ne peut pas se plaindre : gagner un titre national dès la première saison, c'est exceptionnel !

Pour des fans de sport comme nous, la France, c'est un pays idéal. Thomas et moi étions abonnés au FC Lorient toute la saison, nous avons donc vu le PSG, l'OM, le RC Lens, et tous les grands du foot français venir perdre ou faire match nul à Lorient, pour la saison du centenaire du club, ce qui était extra.

Après avoir passé des années à voir le Tulsa FC, Phoenix Rising ou les Tampa Bay Rowdies en deuxième division américaine à Sacramento, c'est quand même autre chose :

Marseille et son champion du monde Benjamin Pavard ont perdu 2-0 à Lorient, et on y était !

À la base, on pensait venir faire une année d'essai en France, et cette année est arrivée à son terme. Nous sommes donc partis pour au moins une année supplémentaire, même si on ne se voit pas bouger pendant quelque temps, au moins jusqu'à ce que les enfants aillent à l'université, mais... Il ne faut jamais dire jamais !

Pour le moment, tout va bien. C'est sûr, en Bretagne, on ne voit pas de fusées aller dans l'espace ou de Cybertrucks sur les routes, mais la vie est plutôt cool et agréable, et après 11 années d'aventures intenses, une petite pause ne fait pas de mal.



lundi 29 septembre 2025

Revenir en France, 11 ans après

Ce ne sont plus des nouvelles du "Far West", mais des nouvelles du "Phare Ouest" (merci Breizh Cola pour l'idée) que je vais désormais poster ici de temps à autre.

Nous sommes en Bretagne depuis mi-Juillet, et avons retrouvé un peu de stabilité depuis l'arrivée de notre déménagement début août, après deux mois d'hôtels, AirBnb, ou à dormir dans les avions...

L'arrivée du conteneur à la maison, 63 jours après avoir vidé notre ancienne maison californienne

Presque tout a changé pour nous depuis le mois de juin, et pour le moment toute la famille est super contente de la transition. Les enfants adorent l'école en France (oui, vous avez bien lu !), la cantine le midi ("on a du pain et du fromage tous les jours !"), et l'intégration dans leurs nouveaux clubs sportifs se passe très bien. C'est dur, la marche est haute, mais ils aiment !

Deux secondes après cette photo, Thomas va décocher un tir de loin et marquer son premier but en France, et contre un club pro, le FC Lorient, s'il vous plaît ! 

L'emménagement n'a pas été simple, surtout avec plusieurs batailles à mener en parallèle :

  • Ranger nos affaires et acheter de nouveaux meubles pour remplacer la casse des déménageurs
  • Faire de petits travaux dans la maison (peinture, papier peint)
  • Continuer avec mon activité professionnelle comme si de rien n'était (une erreur - j'aurais dû couper pendant au moins 15 jours) 
  • Faire l'administratif en France (nos cartes d'identité, cartes vitales, etc. Tout était expiré)
  • Créer une nouvelle entreprise en France pour des raisons principalement fiscales
Et la liste est sans doute bien plus longue, mais les premières semaines n'ont pas été drôles. On pensait enfin en finir avec le temporaire en récupérant nos affaires début août, mais non, deux mois plus tard, nous sommes toujours dans les travaux et le temporaire : Toujours pas de carte vitale, toujours des travaux à faire, toujours du rangement restant...

Heureusement qu'on a une belle petite maison dans un cadre vert à la campagne... Avec des œufs frais tous les matins, car nous avons deux poules !

Du coup, je dis souvent que c'est fini, je ne ferai plus jamais de déménagement international, c'était le dernier. Mais c'était déjà le cas il y a 11 ans, donc...

Dans tous les cas, tout va bien. On s'habitue à un rythme de vie différent, où on apprend le vendredi où sera le sport du samedi, où les usines de meubles ferment en août et donc pas d'autre choix que d'acheter à l'étranger si on veut se remeubler avant octobre. La réunion de rentrée ? Oh, ce sera durant la seconde semaine, pas le jour avant la rentrée ou le premier soir. Quelles fournitures amener ? On n'en a pas besoin la première semaine, apprend-on deux jours après la reprise !

Quand on a été habitués à tout planifier à l'avance, toujours anticiper, compter sur l'accès à tout, tout le temps, ça change un peu. Mais on s'y habitue vite, et ce n'est pas si mal que ça. La vie en France, c'est clairement cool-cool par rapport à la vie aux US, et c'est quelque chose dont on ne se souvenait pas.

Je ne comprenais pas pourquoi les Américains disaient toujours que la vie aux US était "à toute vitesse tout le temps", et quand ils viennent en Europe ils envient le style de vie différent et le fait que tout bouge moins vite. Maintenant, je comprends ce qu'ils veulent dire !

On vous présente Caramel et Blondie, nos deux poules qui nous font rire tous les jours !

Notre seul bémol pour le moment, c'est de ne pas avoir pu encore explorer grand-chose en Bretagne, avec toutes ces contraintes à gérer post-installation. Mais ça fait du bien de pouvoir faire des soirées foot sur Canal +, de ne pas avoir la boîte aux lettres remplie de pub tous les jours, de ne pas devoir payer partout et tout le temps sans raison, de pouvoir ouvrir les fenêtres l'été pendant presque toute la journée sans avoir à craindre le soleil ou la qualité de l'air à cause des incendies...

Saint Cado en Bretagne

Le climat breton n'est jamais ennuyeux. car la météo est très dynamique, ce qui veut dire qu'on a du soleil tous les jours, mais qu'on passe aussi parfois par les 4 saisons dans la même journée. L'avantage, c'est que le mauvais temps ne dure jamais longtemps, la mer pousse les nuages avant d'en amener d'autres... Les panneaux solaires produisent bien, et j'ai pu recréer un système solaire + batteries, le résultat est satisfaisant !

C'est la rentrée !

Notre crainte, c'était l'école, car écrire le français ça ne s'improvise pas, et c'est pourtant ce que Clara et Thomas ont dû faire, et continuent à faire, même si les progrès en à peine un mois sont assez spectaculaires, et les premières notes sont plutôt bonnes, voire excellentes pour Thomas !

Quelques petits loupés ou problèmes qu'on n'avait pas vu venir : 
  • Le jour où l'entraineur de foot demande à Thomas de faire 10 pompes, il ne bouge pas. Moment de confusion, l'entraîneur mime des pompes, Thomas : "ah, des push-ups, OK!". C'est vrai que ça ne fait pas trop partie du vocabulaire de tous les jours à la maison, donc il ne savait pas.
  • Clara qui revient avec son agenda scolaire vide : "Tu n'as pas de devoirs ? Si, mais je sais lire en attaché, alors je peux pas écrire les devoirs !". Du coup, la maîtresse imprime les devoirs pour Clara, quand elle y pense...
On peut aller marcher (ou courir) dans les bois depuis la maison, ce qui est génial

Le chemin suit son cours, et c'est certain que c'est assez unique et appréciable de vivre en France avec des revenus californiens... Financièrement, c'est une superbe opération à ce jour. Dans la vie de tous les jours, c'est plutôt bien aussi. Les kids ne veulent plus jamais retourner aux États-Unis, mais ils ont le temps de changer d'avis !

Pour ma part, j'y retourne aujourd'hui même pour une conférence à New York City cette semaine. J'aurai une autre conférence en Pologne en novembre, une première. Cette fois, ce ne sera plus "A nous la Californie",  mais "A nous l'Europe" !

lundi 30 juin 2025

La fin, 11 ans après...

J'écris cet article 11 ans jour pour jour après notre arrivée en Californie, à la différence près que demain sera notre dernier jour en Californie avant de nous envoler pour grosse dizaine de jours en Floride, d'où nous espérons repartir avec une championne des Etats-Unis de twirling bâton ! Une affaire à suivre...

La maison que nous louons (AirBnb) ces derniers jours à West Sacramento

En attendant, toute la famille a hâte de prendre l'avion. Nous n'avons plus de maison depuis le 6 Juin, ni de voiture depuis le 25, donc nous louons et bougeons d'endroit temporaire à endroit temporaire depuis le début du mois, ce qui peut ressembler à un mois de vacances, mais ce n'a pas été le cas, bien loin de là !

Dernière photo devant la maison avant de la vendre le 6 Juin

Cela a beau être notre quatrième déménagement international, rien n'est jamais simple. Il y a toujours des imprévus, des embûches, des délais. Par example, l'argent de la vente de la maison aurait dû nous être viré dès le 6, mais n'a vraiment été disponible sur notre compte en banque US que le 20, et après plein d'autres soucis et délais, finalement transféré en Europe aujourd'hui le 30.

Entre temps, Trump a décidé de lancer des missiles sur l'Iran, donc le dollar a continuer de s'écrouler par rapport à l'Euro, et nous avons perdu 17 000 dollars en taux de change dans l'intervalle... Et notre déménagement est toujours en Californie !

Pendant le déménagement à la maison...

Notre container ne quittera Oakland que le 2 Juillet, le même jour qu'il y a onze ans. Pourtant, tout a été emballé les 2 et 3 Juin. Pourquoi ce délai ? La faute à un vélo électrique, pourtant approuvé initialement par la société de déménagement, mais refusé par les transporteurs car "trop dangereux". Il faut m'expliquer comment sa batterie, fabriquée en Chine, est arrivée aux USA, dans ce cas là... 

J'ai dû me débarrasser du vélo pour un quart de sa valeur d'origine, pour le bonheur d'un des déménageurs, et 10 jours de perdus pour le déménagement en négociations et discussions finalement inutiles.

Ce fût le thème du mois de Juin : Perdre du temps et brûler des milliers de dollars, faute d'alternative. Voilà pourquoi j'ai hâte d'en finir !

Dernière course au lac Tahoe avec Thomas - 6 kms pour lui, qui a fait sa course avec moi, avant que je ne fasse un second tour et boucler un 12 kms.

Nous en avons tout de même profité pour dire au revoir à certains de nos endroits favoris, comme le lac Tahoe, où nous avons couru pour la dernière fois à l'une de nos courses favorites.

Ou encore marcher en famille le soir dans Sacramento :

Le vieux Sacramento depuis le bord du fleuve

Demain, ce sera le décollage de Sacramento pour la 156ème et probablement dernière fois. Même si j'avais dit que je ne ferais plus jamais de déménagement international (et ces derniers jours ont été un rappel du pourquoi - que d'emmerdes et de stress inutiles !), il ne faut jamais dire jamais, alors qui sait ?

Je ne pense pas qu'un autre aéroport arrivera à rattraper Sacramento...

En tous cas, ce nombre - 156 vols depuis ou à destination de Sacramento - indique à lui seul l'ampleur du qui a été accompli en 11 ans, et personne n'aurait imaginé un tel parcours à l'époque, alors je signerais volontiers pour autant de bonnes choses durant les 11 prochaines années !

Le Tower Bridge à Sacramento

En attendant, vous pourrez suivre nos prochains jours en Floride sur Facebook et Instagram. Ce petit road-trip sera une belle façon de finir ce chapitre aux USA. Pour l'installation en France, on verra !

dimanche 23 février 2025

Vers une nouvelle page...

On l'avait sous-entendu dans notre bilan des 10 ans il y a sept mois, et l'idée a fait son chemin depuis... A l'été 2025, juste après avoir fêté les 11 ans de notre arrivée en Californie, nous allons démarrer le cinquième grand chapitre de notre vie !

Devant le Golden Gate à San Francisco

Après le chapitre 2 "De Besançon à Philadelphie - 1000 jours en Amérique", le chapitre 3 en France de 2010 à 2014, le chapitre 4 "A nous la Californie" aura été le plus long de tous, puisqu'il aura duré 11 ans, soit plus de 4000 jours !

Il aura dépassé toutes nos attentes, que ce soit en termes de succès professionnel, épanouissement des enfants, exploration de quasiment tous les recoins des US (48 états sur 50), et tout ce que vous avez pu suivre sur ce blog.

Mais après 11 ans au même endroit, l'envie de repartir à zéro ailleurs se faisait pressante. Après tout, on n'avait jamais vécu notre vie adulte au même endroit aussi longtemps, alors c'était normal d'avoir la bougeotte !

Arc en ciel à Monument Valley la semaine dernière... Un voyage au-revoir à toutes les merveilles de notre Ouest Américain !

2024 a donc cristallisé l'idée de quitter la Californie, et notre voyage en France en Octobre 2024 a permis de tester l'hypothèse : Les enfants pourraient-ils s'éclater en France ? 

On les a donc fait s'entraîner dans différents clubs de leurs sports respectifs (twirling bâton pour Clara et foot pour Thomas), on les a vu s'amuser comme jamais avec des cousins et cousines qu'il n'avaient vu qu'une fois ou deux auparavant, on a commencé à regarder le prix de l'immobilier à différents endroits, et à partir de là, ce que l'on n'aurait même pas considéré quelques mois plus tôt est devenu une évidence : Nous allions revenir vivre en France à l'été 2025 !

Mon petit vainqueur de la coupe de Californie va donc avoir l'opportunité de s'essayer là où ses coéquipiers rêveraient tous de jouer un jour, à savoir en Europe ! Idem pour Clara, car le twirling est bien plus important en France qu'aux USA.

Ce qui est amusant, c'est que toutes nos connaissances américaines nous envient et une bonne partie de nos amis et collègues songent aussi à quitter les USA et bouger en Europe, encore plus depuis l'élection présidentielle. Les anglophones purs sont plutôt tentés par l'Irlande, mais les familles francophiles ou partiellement francophones pensent surtout à la France.

Il restait donc à décider où déménager, et après avoir mesuré les plus et les moins de différentes villes et régions, nous avons choisi la Bretagne et plus précisément le Morbihan.

Panorama de Bryce Canyon par -6°C en Février 2025

Du coup, comme vous nous connaissez si vous suivez nos aventures, nous n'avons pas traîné et avons même déjà trouvé notre future maison, à la campagne et à 5 minutes de toutes écoles et commodités - tout ce que la Californie ne nous permettait plus d'avoir. 

Notre offre d'achat a été faite et acceptée alors que nous étions en train de visiter le Grand Canyon (pour la 5ème fois, soit dit en passant... Comme quoi on a vraiment besoin de passer à autre chose !)

Au Grand Canyon... Le jour de l'achat de notre future maison en Bretagne.

Nous avons hâte d'y être cet été ! Au vert, avec un grand terrain et au calme, loin des feux de forêt et des 44°C de Sacramento, et à seulement 25 minutes de l'océan - mais aussi des grands-parents, ce qui va être un grand changement pour les enfants :

Notre future maison Bretonne... Si tout se passe bien d'ici-là !

Beaucoup de changement à l'horizon pour nous cette année ! Surtout pour les enfants, qui travaillent leur français tous les jours, car si ils le parlent sans problème, le lire et l'écrire à l'école au quotidien sera une autre histoire.

Pour les parents, rien ne devrait changer dans l'immédiat, le business restera le même, avec l'option de prendre notre retraite si bon nous semble, ce qui reste un bonus appréciable... à 42 ans. Et qui rend ce cinquième chapitre de notre vie d'autant plus intéressant !

mardi 21 janvier 2025

Le podcast "A nous la Californie" !

C'est officiel, il y a désormais un podcast "A nous la Californie" !

Vous pouvez l'écouter sur Spotify, Apple Podcasts, Amazon Music, Castbox, et d'autres endroits très bientôt. Il est aussi possible de jouer les épisodes avec ce lecteur intégré :


Le podcast permet de revenir sur notre expérience et les origines de notre expatriation au travers des questions de Maud Calvès, journaliste et podcasteuse, qui m'a interviewé pour une première saison de six épisodes.

Ces sujets ont été couverts sur le blog au fil des années, et le podcast permet de revisiter tout plein de points intéressants en format audio, plus condensé et orienté conversation.

On discutera donc de :

  • Notre histoire et comment nous sommes devenus expatriés - une fois, puis deux !
  • Pourquoi la Californie, et plus particulièrement Sacramento ? 
  • Comment on l'a fait, comment se préparer à l'expatriation.
  • Quelles sont les difficultés à anticiper, les différences culturelles, etc.
Le podcast est donc idéal pour ceux qui se posent la question de partir ou pas, et essaie de répondre aux questions que l'on peut se poser avant d'essayer une telle aventure, voire même durant l'aventure.


Si le feedback est positif, on enregistrera d'autres épisodes, et potentiellement d'autres saisons ! N'hésitez pas à nous suggérer des idées de sujets à couvrir, ou des questions auxquelles vous cherchez une réponse.


vendredi 19 juillet 2024

10 ans en Californie

 Aussi incroyable que ça puisse paraître, ça fait 10 ans que nous sommes en Californie ! Vous pouvez lire le bilan des 9 ans ici.

Bixby Bridge le long de la côte où nous avons campé début Juillet 2024

Pour changer un peu le format de mes bilans annuels, je vais faire celui-ci sous la forme de questions-réponses :

Partis pour 10 ans de plus en Californie ?

C'est dur à dire. Dans 10 ans, les enfants seront à l'université. Faire leurs études aux US ne les aiderait pas beaucoup (cette présentation TED résume bien le tout si ça vous intéresse d'en savoir plus) car c'est très cher et je doute toujours de la qualité de l'éducation.

En revanche, il est probable que pour eux comme pour beaucoup de monde, travailler aux US soit la meilleure option. 

Pour nous, vivre dans un pays (ou état) moins cher permettrait une retraite quasi-immédiate. Donc, c'est pas simple.

Match de MLS entre San José et Los Angeles FC au Levi Stadium de Santa Clara

Pourquoi pas un mode hybride alors ?

On y pense, mais c'est pas simple. Passer la moitié du temps dans un pays, l'autre moitié dans l'autre, serait idéal même si largement incompatible avec la pratique de sport en compétition ou le concept d'année scolaire... Ou alors alterner d'une année scolaire sur l'autre ? 

La logistique n'est pas évidente. Si vous connaissez quelqu'un qui fait ça, ça nous intéresse !

Les kids à Tahoe en Mai dernier

Et la France dans tout ça ?

On aimerait bien que les enfants puissent passer un peu plus de temps en France pour voir si y étudier plus tard serait possible ou pas. 

On pense à tenter une année "d'essai" où on vivrait en France pour une année scolaire et voir si ça fonctionne, mais là aussi la logistique n'est pas simple, car on ne veut pas déménager ou vendre notre maison en Californie pour le moment. Donc on réfléchit toujours.

L'avantage d'être bi-nationaux, c'est qu'en théorie, on peut faire ce qu'on veut et vivre aux USA ou en Europe facilement, et si on ne se souciait pas des kids, on partagerait probablement notre temps entre différents pays.

Un des 4 feux de broussailles qui a terminé à moins de 2-3 kilomètres de notre maison ces dernières semaines. Cette photo est prise depuis notre entrée... L'augmentation de leur fréquence et de leur proximité fait aussi réfléchir.


10 ans, c'est pas rien... Des moments forts en particulier ?

Chaque année a eu son lot d'expériences incroyables. On a traversé le pays en voiture de New York City à Sacramento en 2018. On a visité l'Alaska, Hawaii, et 46 autres états (il ne me reste que Dakota du Nord et Virginie Occidentale à voir). On est allés en Australie, au Portugal, au Canada, en France bien sûr, et des voyages business dingues en Inde, en Bolivie, et en Afrique du Sud.

Au niveau business, tout s'est passé au delà de nos espérances, et mes mises à jour trimestrielles en attestent, donc je ne vais pas me répéter.
On a aussi eu la chance de posséder un chalet à la montagne, de devenir résidents permanents puis citoyens Américains... 


Clara a désormais 8 titres de championne de Californie en individuel et 2 en équipe... 10 fois championne en deux ans !

Et plus récemment, les sports de nos kids nous ont fait vibrer avec Clara qui n'en finit pas de surprendre et de gagner ses compétitions de Twirling Baton, au point que l'on envisage d'aller aux championnats des USA en Floride en 2025... Elle a fait le show devant 20 000 personnes à San Diego...

On a probablement accumulé 40 à 50 ans d'expériences en juste 10 ans, donc c'est plutôt pas mal ! Parfois, je me sens un peu vieux avec tout ça.

Lac Tahoe en Mai 2024

Et le blog dans tout ça ?

Le blog commence à souffrir un peu, je n'ai jamais aussi peu posté qu'en 2024, et la motivation pour continuer n'est plus vraiment là, alors à moins de recevoir une tonne de commentaires et de messages d'encouragement, je ne vois pas la tendance s'inverser.

Dans le même temps, après avoir commencé en 2007 avec From Besançon to Philadelphia, ça fait 17 ans que j'écris sur le web, donc trouver l'inspiration au milieu d'une vie devenue plus "normale" n'est pas évident. On verra !

McWay Falls en Juillet 2024

Voilà, je pense que vous savez tout maintenant! Si vous avez des questions, n'hésitez pas ! Et n'oubliez pas que nous sommes plus actifs sur Instagram et Facebook que sur le blog.



samedi 15 juillet 2023

9 ans en Californie !

Et voilà, cela fait 9 ans que nous sommes en Californie ! Vous pouvez lire mon bilan des 8 ans ici, et en le relisant je me rend compte que beaucoup de choses ont changé ces douze derniers mois.

Visite des rocheuses canadiennes (enfin !) en Juin 2023 (Jasper, Banff, et compagnie). Plus de photos bientôt sur le blog !

Qu'est ce qui a changé ? Nous sommes tous les quatre devenus Américains ! Finis les visas, les cartes de résidents permanents, nous n'avons plus rien à renouveler (ni à payer) pour rester ici indéfiniment. La liberté absolue, avec deux nationalités et deux passeports, on a vraiment le sentiment de pouvoir faire ce que l'on veut désormais.

Photo de famille pour Halloween 2022

D'autant plus qu'au niveau business, depuis début 2023, la grande majorité de nos revenus viennent de produits plutôt que de services, ce que je peux traduire en : Je n'ai plus besoin de voyager ni même de faire de formations aux US pour assurer nos arrières. 

Ce qui veut dire que techniquement, nous pourrions vivre n'importe où dans le monde, je n'ai plus "besoin" d'être en Amérique et pourrait même prendre ma retraite dans un pays/état/province au coup de la vie moins élevé.

Lac Donner dans la Sierra Nevada, avec la petite ville de Truckee tout au bout

Car la Californie a beaucoup changé en 9 ans, elle aussi. La coût de la vie ne cesse de grimper, tout comme la population (notre ville de Rancho Cordova a augmenté sa population de 15% depuis qu'on y a emménagé !), ce qui veut dire plus de trafic, chaque ville a des milliers de SDF tout partout, le climat et les feux de forêt sont hors de contrôle... 

Mais on a toujours la variété de paysages la plus imbattable de tout le pays.  Aucun autre état n'a désert de dunes de sable, volcans, océan, montagnes, lacs, séquoïas, et une vallée qui produit 80% des fruits et légumes du pays.

Et puis, à quel autre endroit pourrait-on voir des endroits aussi dingues que San Francisco, où nous retrouver dans un hôtel en plein tournage de film à Los Angeles ?

A San Diego en Novembre 2022

Et ce n'est pas tout... Car ce qui a aussi beaucoup bougé pour nous durant ces 12 derniers mois, c'est que nos kids ont décidé de prendre "A nous la Californie" au premier degré. Clara a débuté le twirling bâton en septembre 2022, et en juin 2023, la voilà qui gagne 4 titres aux championnats de Californie :

Notre petite championne de Californie a aussi gagné deux titres aux championnats de l'ouest des Etats-Unis... Alors on commence à se renseigner pour les championnats nationaux l'année prochaine !

Vu que Clara a gagné une douzaine de trophées pour sa première saison, Thomas qui est tout aussi compétiteur (sinon plus) que sa soeur est jaloux et a été récompensé meilleur joueur de son groupe lors d'un stage de foot avec le club professionnel de Sacramento le mois dernier :


Il s'avère que le club de foot en question est l'un des meilleurs clubs formateurs du pays, et que plusieurs jeunes joueurs sont sélectionnés en équipe des USA chaque année... Ce qui est aussi le cas pour le club de twirling bâton de Clara, dont six membres font partie de team USA, avec deux vice-championnes du monde !

Du coup, pour nos enfants, Sacramento est plus que jamais l'endroit idéal où vivre. Tout comme avec nos canyons / montagnes / lacs et déserts, il n'y a pas vraiment d'équivalent ailleurs pour notre famille aujourd'hui (si vous en connaissez un, nous sommes ouverts aux suggestions !). 

Notre mur dédié à la Californie à la maison, une récente addition à notre collection...

Rendez-vous l'année prochaine pour l'article des 10 ans, et probablement encore pour quelques années de plus !

dimanche 21 mai 2023

Le foot compétitif aux USA - Les tryouts

Aux USA, la pratique du sport est divisée en deux catégories : Récréationnel et compétitif. Le sport récréationnel est juste une garderie améliorée, souvent gérée par les parents, et le niveau de pratique n'a pas vraiment d'importance. C'est là où Thomas avait commencé le foot en 2018.

A l'opposé, il y a la pratique compétitive, où les entraîneurs sont payés, il y a plusieurs entraînements par semaine, déplacements une semaine sur deux, parfois assez loin.

Thomas et son équipe après une victoire en tournoi en 2022

La particularité du foot compétitif est que à la fin de chaque saison, une semaine du calendrier est réservée aux tryouts: Des séances d'essais compétitifs où des dizaines de joueurs participent pour essayer de gagner (ou conserver) leur place dans les meilleures équipes de la région.

Pour Thomas, c'était donc la semaine de tryout avec pratiquement une soixantaine d'enfants en concurrence pendant trois soirs d'affilée sur de multiples terrains avec 3 entraîneurs pour les observer, prendre des notes, puis formuler des offres aux parents durant ou après ces séances.

Thomas (numéro 15) en pleine séance de tryouts. Chaque joueur porte le même numéro pendant toutes les séances, et doit sortir du lot que les entraîneurs les remarquent...

Imaginez le stress des parents au bord du terrain... La tension était palpable, d'autant plus que l'entraîneur change d'une saison sur l'autre et qu'il faut donc faire ses preuves en repartant de zéro chaque année, ce qui n'est pas simple. On pouvait aussi reconnaître certains des meilleurs joueurs des équipes rencontrées dans la saison, donc la concurrence était rude.

Le nouveau coach de Thomas avait décidé de faire des offres dès le premier jour, sur le terrain, ce qui veut dire que tous les parents pouvaient voir le nombre de places disponibles dans l'équipe diminuer minute après minute...

Les joueurs s'organisent eux mêmes sur des petits terrains, et les entraîneurs ne font qu'observer et prendre des notes. Pas d'indications données, histoire de voir qui a l'âme de leader sur le terrain.

Pour ma part, j'étais frustré de voir qu'à chaque fois que Thomas brillait, les 3 coachs regardaient ailleurs... Jusqu'à une action qu'il a magnifiquement géré, sous les yeux de l'entraîneur principal, qui l'a aussitôt appelé au bord du terrain pour lui dire qu'il était impressionné et qu'il voulait que Thomas fasse partie de l'équipe.

Dès le premier soir, nous avions donc une offre pour Thomas, à accepter en payant la modique somme de... 400 dollars !!! Ce n'est que le début, car il faudra ensuite en débourser 400 de plus pour 3 nouveaux jeux de maillot, survêtement, et sac à dos aux couleurs du club !

Entre Thomas et Clara, le sport compétitif nous coûte probablement autour de 400 dollars par mois en moyenne... 

Thomas à 100% en un contre un

Quatre joueurs (sur 12) de l'équipe de 2022/23 ont perdu leur place en équipe première et seront en réserve la saison prochaine. Et la moitié des participants ne reçoivent pas d'offres et doivent donc trouver un autre club compétitif ou s'inscrire en récréationnel.

Thomas est quant à lui super content car la nouvelle équipe semble très forte. C'est reparti pour un an... Avant de nouveaux tryouts !


vendredi 7 avril 2023

La cérémonie de naturalisation Américaine

C'est fait ! Après pratiquement 9 ans en Californie, d'abord sous visas entrepreneur E2 (2014), puis en tant que résidents permanents (2017), nous avons désormais rendu nos cartes vertes pour obtenir à la place un certificat de naturalisation Américaine :

Lors de la cérémonie de naturalisation, on a reçu un drapeau, notre certificat de naturalisation, une lettre de Président Biden, et les deux textes historiques de la fondation du pays.

Le processus de naturalisation est relativement simple, dans la mesure où il "suffit" d'avoir passé 5 ans en tant que résident permanent pour faire la demande de nationalité US. Nous avions postulé en novembre 2021. 

Adeline a été naturalisée en juillet 2022 (et Thomas par la même occasion, car un mineur résident permanent devient automatiquement citoyen lorsque l'un de ses parents le devient), et moi en mars 2023. 

Pourquoi autant de différence ? Les services de naturalisation ont commis plusieurs erreurs avec mon dossier, repoussant l'échéance de plusieurs mois... 

La longue file d'attente pour la cérémonie de naturalisation... Nous étions presque 800 personnes à devenir Américains ce jour-là.

La seule étape qui comportait à peine de difficulté était l'interview de naturalisation, où l'on doit montrer qu'on comprend l'anglais, qu'on peut écrire une phrase en anglais, et que l'on connait l'histoire et la géographie du pays. Il faut répondre correctement à au moins six questions sur dix.

Mes questions étaient :

  • Durant quel mois vote-t-on pour le Président ?
  • Qui est le Président actuel de la Chambre des représentants ?
  • Quel océan se trouve sur la côte Est du pays ?
  • Quel est le parti politique du Président actuel du pays ?
  • Quel océan se trouve sur la côte Ouest du pays ?
  • Qui est la père fondateur de notre pays ?
  • Il y a 4 amendements à la constitution concernant le droit de vote. Décrivez l'un de ces amendements.

Bienvenue aux nouveaux citoyens !

Le jour de ma cérémonie, j'étais convoqué à 7 heures du matin (!!!) pour attendre plus de 3 heures avant que la cérémonie ne débute vraiment, pour ensuite ne durer qu'une vingtaine de minutes.

77 pays étaient représentés et ont été appelés un à un. Nous devions nous lever lorsque notre pays d'origine était mentionné, et j'ai donc pu constater que j'étais le seul Français dans le lot !

Les presque 800 nouveaux citoyens attendent le début de la cérémonie

Ensuite, on prononce le oath of allegiance (serment d'allégeance), puis le pledge of allegiance (que les enfants récitent à l'école tous les matins avant le début de la classe). L'hymne national est joué et Président Biden nous félicite d'avoir choisi les Etats-Unis, avec cette vidéo qui résume parfaitement notre parcours tout comme celui de millions d'immigrants avant nous :


Le texte rappelle à quel point les USA sont un pays différent des autres. Quand le Président vous rappelle que lui aussi descend d'une famille d'immigrants, ce n'est pas rien. J'imagine clairement qu'un immigrant en France ne doit entendre la même chose lors de sa naturalisation !

Ensuite, on nous remet notre certificat de naturalisation et notre drapeau, et c'est fini, on est Américain !


J'avoue que ça fait bizarre d'avoir une seconde nationalité. Pour nous, c'était la suite naturelle des choses. La seule véritable différence, c'est que l'on va pouvoir voter aux élections, et potentiellement être convoqués pour faire partie du jury lors de procès.

Et surtout, plus de formalités administratives liées à l'immigration ! Le fait d'enfin tous avoir la double nationalité est sécurisant, de ce point de vue. 

Et puis, quand on ira en France l'année prochaine, au moment où notre famille et amis diront "tiens, voilà les Américains", ils auront raison pour la toute première fois !