vendredi 3 avril 2026

Une bataille après l'autre

Début 2024, nous avions vu qu'un film allait se tourner à Sacramento et que Leonardo Di Caprio et Sean Penn faisaient partie du casting. À l'époque, le nom de code du film était "The BC project". Tout restait aussi secret que possible, sauf que la presse avait été obligée d'en parler pour ne pas alerter la population, en raison de la "fermeture de plusieurs rues, de l'utilisation d'explosifs et de la présence de fumée et de nombreuses voitures de police !"

Ca tourne ! 

Évidemment, nous nous étions renseignés et nous avons assisté au tournage d'une scène. Deux ans plus tard, en 2026, "Une bataille après l'autre" (One battle after another, une bonne traduction pour une fois !) remporte six Oscars, et on peut dire qu'on y était ! Le film est dispo sur Canal + en France.

En plus, la scène est un des moments clés du film, et on est presque visibles, en tout cas on sait où on était :

La scène du film, et l'endroit où on était ! On ne pouvait pas approcher davantage car toutes les voitures et toutes les personnes visibles (piétons au loin) sont des figurants.

On a même vu le personnel d'Hollywood batailler avec les sans-abri pour qu'ils quittent leurs tentes pendant le tournage de la course-poursuite, et les tentes sont bien visibles dans le film (oui, aux USA, les gens campent dans les centres-villes depuis quelques années !)

Ce qu'on a vu - le monospace accidenté et la tente tout à droite... 


Et dans le film, juste avant l'accident du monospace : 


Après le tournage, on a pu approcher de la scène du crash :

Et oui, Hollywood ne fait pas toujours semblant ! Des fois, il faut casser des choses

Et dans le film, juste après le crash... En fait, la fumée du moteur vient d'un système qu'ils allumaient et éteignaient entre les prises. Ça, c'était donc faux :



Vous pouvez voir la scène complète ici (2 minutes), avec plusieurs autres endroits de Sacramento clairement reconnaissables, comme le Tower Bridge et la gare. Pendant le tournage, c'était bien plus calme, pas de sirènes, juste l'hélicoptère. Tous les sons sont ajoutés au montage.




Ce qui est amusant, c'est que depuis des années, lorsqu'on regarde des films, Adeline et moi, on s'amuse  à essayer de reconnaître les lieux : État, ville, etc. Et là, le film faisait un véritable tour de Californie, donc c'était assez particulier pour nous. Surtout des scènes anodines comme l'image ci-dessous, on a littéralement dit "mais c'est à côté de chez nous !" 

Je viens même de montrer l'image du film à Thomas, qui en une seconde a dit "c'est Folsom !" Pas forcément évident sur Google Maps, mais on peut vous le garantir !


Vue de Folsom depuis les nouveaux lotissements de Folsom Ranch / El Dorado Hills

Et puis il y a les scènes dans le désert vers Anza Borrego... Celle-ci, c'est un des tout premiers slots canyons visités en famille, Clara portait encore des couches quand on y est allé :


Et nous dans le slot canyon du secteur, en 2018 :



Tout cela pourrait amener un brin de nostalgie... Mais cela nous rappelle surtout à quel point nous avons vécu des choses incroyables, à des milliers de kilomètres de ce que l'on peut vivre en France (au sens propre comme au sens figuré).

Rien qu'en cherchant les photos du tournage pour cet article, j'ai réalisé que durant ce seul mois de février 2024, on avait :

  • Emmené les kids à Great Wolf Lodge, un hôtel parc aquatique d'attractions
  • Vu et conduit un Cybertruck à une conférence dans la Silicon Valley
  • Disputé une première finale de coupe de Californie de soccer (Thomas)
  • Assisté à un match de NBA (Kings contre Detroit Pistons)
  • Assisté à un entraînement des joueurs pros de Sacramento Republic FC
  • Et donc assisté au tournage hollywoodien d'un film qui a gagné six Oscars...
Et on n'avait parlé de rien de tout ça sur le blog, parce que c'était un mois comme un autre dans notre vie aux USA… Business as usual. Incroyable !


lundi 29 septembre 2025

Revenir en France, 11 ans après

Ce ne sont plus des nouvelles du "Far West", mais des nouvelles du "Phare Ouest" (merci Breizh Cola pour l'idée) que je vais désormais poster ici de temps à autre.

Nous sommes en Bretagne depuis mi-Juillet, et avons retrouvé un peu de stabilité depuis l'arrivée de notre déménagement début août, après deux mois d'hôtels, AirBnb, ou à dormir dans les avions...

L'arrivée du conteneur à la maison, 63 jours après avoir vidé notre ancienne maison californienne

Presque tout a changé pour nous depuis le mois de juin, et pour le moment toute la famille est super contente de la transition. Les enfants adorent l'école en France (oui, vous avez bien lu !), la cantine le midi ("on a du pain et du fromage tous les jours !"), et l'intégration dans leurs nouveaux clubs sportifs se passe très bien. C'est dur, la marche est haute, mais ils aiment !

Deux secondes après cette photo, Thomas va décocher un tir de loin et marquer son premier but en France, et contre un club pro, le FC Lorient, s'il vous plaît ! 

L'emménagement n'a pas été simple, surtout avec plusieurs batailles à mener en parallèle :

  • Ranger nos affaires et acheter de nouveaux meubles pour remplacer la casse des déménageurs
  • Faire de petits travaux dans la maison (peinture, papier peint)
  • Continuer avec mon activité professionnelle comme si de rien n'était (une erreur - j'aurais dû couper pendant au moins 15 jours) 
  • Faire l'administratif en France (nos cartes d'identité, cartes vitales, etc. Tout était expiré)
  • Créer une nouvelle entreprise en France pour des raisons principalement fiscales
Et la liste est sans doute bien plus longue, mais les premières semaines n'ont pas été drôles. On pensait enfin en finir avec le temporaire en récupérant nos affaires début août, mais non, deux mois plus tard, nous sommes toujours dans les travaux et le temporaire : Toujours pas de carte vitale, toujours des travaux à faire, toujours du rangement restant...

Heureusement qu'on a une belle petite maison dans un cadre vert à la campagne... Avec des œufs frais tous les matins, car nous avons deux poules !

Du coup, je dis souvent que c'est fini, je ne ferai plus jamais de déménagement international, c'était le dernier. Mais c'était déjà le cas il y a 11 ans, donc...

Dans tous les cas, tout va bien. On s'habitue à un rythme de vie différent, où on apprend le vendredi où sera le sport du samedi, où les usines de meubles ferment en août et donc pas d'autre choix que d'acheter à l'étranger si on veut se remeubler avant octobre. La réunion de rentrée ? Oh, ce sera durant la seconde semaine, pas le jour avant la rentrée ou le premier soir. Quelles fournitures amener ? On n'en a pas besoin la première semaine, apprend-on deux jours après la reprise !

Quand on a été habitués à tout planifier à l'avance, toujours anticiper, compter sur l'accès à tout, tout le temps, ça change un peu. Mais on s'y habitue vite, et ce n'est pas si mal que ça. La vie en France, c'est clairement cool-cool par rapport à la vie aux US, et c'est quelque chose dont on ne se souvenait pas.

Je ne comprenais pas pourquoi les Américains disaient toujours que la vie aux US était "à toute vitesse tout le temps", et quand ils viennent en Europe ils envient le style de vie différent et le fait que tout bouge moins vite. Maintenant, je comprends ce qu'ils veulent dire !

On vous présente Caramel et Blondie, nos deux poules qui nous font rire tous les jours !

Notre seul bémol pour le moment, c'est de ne pas avoir pu encore explorer grand-chose en Bretagne, avec toutes ces contraintes à gérer post-installation. Mais ça fait du bien de pouvoir faire des soirées foot sur Canal +, de ne pas avoir la boîte aux lettres remplie de pub tous les jours, de ne pas devoir payer partout et tout le temps sans raison, de pouvoir ouvrir les fenêtres l'été pendant presque toute la journée sans avoir à craindre le soleil ou la qualité de l'air à cause des incendies...

Saint Cado en Bretagne

Le climat breton n'est jamais ennuyeux. car la météo est très dynamique, ce qui veut dire qu'on a du soleil tous les jours, mais qu'on passe aussi parfois par les 4 saisons dans la même journée. L'avantage, c'est que le mauvais temps ne dure jamais longtemps, la mer pousse les nuages avant d'en amener d'autres... Les panneaux solaires produisent bien, et j'al'entraîneur recréer un système solaire + batteries, le résultat est satisfaisant !

C'est la rentrée !

Notrel'entraîneurte, c'était l'école, car écrire le français ça ne s'improvise pas, et c'est pourtant ce que Clara et Thomas ont dû faire, et continuent à faire, même si les progrès en à peine un mois sont assez spectaculaires, et les premières notes sont plutôt bonnes, voire excellentes pour Thomas !

Quelques petits loupés ou problèmes qu'on n'avait pas vu venir : 
  • Le jour où l'entraineur de foot demande à Thomas de faire 10 pompes, il ne bouge pas. Moment de confusion, l'entraîneur mime des pompes, Thomas : "ah, des push-ups, OK!". C'est vrai que ça ne fait pas trop partie du vocabulaire de tous les jours à la maison, donc il ne savait pas.
  • Clara qui revient avec son agenda scolaire vide : "Tu n'as pas de devoirs ? Si, mais je sais lire en attaché, alors je peux pas écrire les devoirs !". Du coup, la maitresse imprime les devoirs pour Clara, quand elle y pense...
On peut aller marcher (ou courir) dans les bois depuis la maison, ce qui est génial

Le chemin suit son cours, et c'est certain que c'est assez unique et appréciable de vivre en france avec des revenus californiens... Financièrement, c'est une superbe opération à ce jour. Dans la vie de tous les jours, c'est plutôt bien aussi. Les kids ne veulent plus jamais retourner aux Etats-Unis, mais ils ont le temps de changer d'avis !

Pour ma part, j'y retourne aujourd'hui même pour une conférence à New York City cette semaine. J'aurai une autre conférence en Pologne en Novembre, une première. Cette fois, ce ne sera plus "A nous la Californie",  mais "A nous l'Europe" !

lundi 30 juin 2025

La fin, 11 ans après...

J'écris cet article 11 ans jour pour jour après notre arrivée en Californie, à la différence près que demain sera notre dernier jour en Californie avant de nous envoler pour grosse dizaine de jours en Floride, d'où nous espérons repartir avec une championne des Etats-Unis de twirling bâton ! Une affaire à suivre...

La maison que nous louons (AirBnb) ces derniers jours à West Sacramento

En attendant, toute la famille a hâte de prendre l'avion. Nous n'avons plus de maison depuis le 6 Juin, ni de voiture depuis le 25, donc nous louons et bougeons d'endroit temporaire à endroit temporaire depuis le début du mois, ce qui peut ressembler à un mois de vacances, mais ce n'a pas été le cas, bien loin de là !

Dernière photo devant la maison avant de la vendre le 6 Juin

Cela a beau être notre quatrième déménagement international, rien n'est jamais simple. Il y a toujours des imprévus, des embûches, des délais. Par example, l'argent de la vente de la maison aurait dû nous être viré dès le 6, mais n'a vraiment été disponible sur notre compte en banque US que le 20, et après plein d'autres soucis et délais, finalement transféré en Europe aujourd'hui le 30.

Entre temps, Trump a décidé de lancer des missiles sur l'Iran, donc le dollar a continuer de s'écrouler par rapport à l'Euro, et nous avons perdu 17 000 dollars en taux de change dans l'intervalle... Et notre déménagement est toujours en Californie !

Pendant le déménagement à la maison...

Notre container ne quittera Oakland que le 2 Juillet, le même jour qu'il y a onze ans. Pourtant, tout a été emballé les 2 et 3 Juin. Pourquoi ce délai ? La faute à un vélo électrique, pourtant approuvé initialement par la société de déménagement, mais refusé par les transporteurs car "trop dangereux". Il faut m'expliquer comment sa batterie, fabriquée en Chine, est arrivée aux USA, dans ce cas là... 

J'ai dû me débarrasser du vélo pour un quart de sa valeur d'origine, pour le bonheur d'un des déménageurs, et 10 jours de perdus pour le déménagement en négociations et discussions finalement inutiles.

Ce fût le thème du mois de Juin : Perdre du temps et brûler des milliers de dollars, faute d'alternative. Voilà pourquoi j'ai hâte d'en finir !

Dernière course au lac Tahoe avec Thomas - 6 kms pour lui, qui a fait sa course avec moi, avant que je ne fasse un second tour et boucler un 12 kms.

Nous en avons tout de même profité pour dire au revoir à certains de nos endroits favoris, comme le lac Tahoe, où nous avons couru pour la dernière fois à l'une de nos courses favorites.

Ou encore marcher en famille le soir dans Sacramento :

Le vieux Sacramento depuis le bord du fleuve

Demain, ce sera le décollage de Sacramento pour la 156ème et probablement dernière fois. Même si j'avais dit que je ne ferais plus jamais de déménagement international (et ces derniers jours ont été un rappel du pourquoi - que d'emmerdes et de stress inutiles !), il ne faut jamais dire jamais, alors qui sait ?

Je ne pense pas qu'un autre aéroport arrivera à rattraper Sacramento...

En tous cas, ce nombre - 156 vols depuis ou à destination de Sacramento - indique à lui seul l'ampleur du qui a été accompli en 11 ans, et personne n'aurait imaginé un tel parcours à l'époque, alors je signerais volontiers pour autant de bonnes choses durant les 11 prochaines années !

Le Tower Bridge à Sacramento

En attendant, vous pourrez suivre nos prochains jours en Floride sur Facebook et Instagram. Ce petit road-trip sera une belle façon de finir ce chapitre aux USA. Pour l'installation en France, on verra !