Nous avons voté pour la toute première fois cette année ! Après être devenus Américains en 2023, nous avons reçu nos bulletins de vote pour l'élection présidentielle 2024. La première étape est la primaire pour la présidentielle, qu'on peut voir pratiquement comme l'équivalent du 1er tour de la présidentielle en France :
Les livrets d'instructions reçus sont assez copieux. L'un a 110 pages, l'autre 92 !
Ces primaires ont officiellement lieu le 5 mars, mais on peut voter à l'avance avec les bulletins de vote reçus. C'est assez surprenant car :
1) On doit choisir un parti politique à l'avance pour voter pour la primaire de ce parti (et aucun autre). Donc on donne au gouvernement notre intention de vote, et aucune affiliation au parti n'est nécessaire. Donc un Républicain (ou plusieurs millions d'entre eux) pourrai(en)t par exemple choisir de voter pour la primaire Démocrate et de favoriser un candidat fantaisiste.
2) On ne vote pas pour une seule élection, mais plusieurs ! Dans notre cas, il y avait sept décisions à prendre. Le Président (enfin, le candidat d'un seul parti), le comité directeur du parti démocrate du comté, un membre de l'assemblée, un représentant au congrès, un juge pour la cour suprême, un membre superviseur du comté de Sacramento, une loi Californienne sur la création d'hôpitaux psychiatriques pour rediriger des dizaines de milliers de SDF atteints de maladies mentales :
Le bulletin de vote, deux grandes pages avec des dizaines de noms et six décisions différentes. Et je ne vous cache pas qu'on a le bulletin Démocrate. Notez qu'il y a 8 candidats à la primaire dont Joe Biden, mais personne n'entendra jamais parler de la plupart d'entre eux dans les médias.
L'un des candidats à la présidentielle s'appelle même "President R Boddie". Aux US, il est facile de changer de nom / prénom, et je suis quasi certain que ce prénom a été acquis de la sorte. Mais il n'y a pas de soucis à se faire, car President R Boddie s'est présenté parce que Dieu lui a demandé de le faire. On est sauvés :
Avec les bulletins de vote, il n'y pas de profession de foi des candidats, qui se trouvent dans l'un des catalogues de 100 pages reçus au préalable. Là, on n'est pas déçus non plus :
Le programme de Major Singh pour le Sénat : "Mon père, Mukhtiar Singh, est mon rôle modèle"
Comme vous pouvez le deviner, la sélection fut difficile ! Une fois le choix fait, j'ai voulu aller voter dans l'endroit le plus Américain possible : Un FAST-FOOD !!!
A côté des menus, la pancarte indique le "ballot drop-box" (urne, pour faire simple) vers la gauche, et vû que le pot de fleur géant avait des drapeaux US dessus, j'ai dû en faire le tour pour voir si je devais glisser mon enveloppe dedans, mais en fait non.
L'urne se trouvait en fait dans le fast-food, sous les menus. Notez que sur l'urne, ce ne sont pas des serviettes, mais d'autres bulletins de vote, si besoin :
L'urne n'est pas supervisée, mais je suis rassuré de voir le petit sceau autocollant bleu sur la porte. Au moins, comme ça, on est sûrs qu'il n'y a pas de triche !
Quand on vote, il n'y a pas de vérification d'identité, pas de "a voté", juste les employés du fast-food qui me regardaient en train de prendre la boîte en photo. Pour le reste, c'est comme mettre une lettre à la poste, mais dans un fast-food. Je me demande quand même si quelqu'un interviendrait si un type commençait à remplir plein de bulletins et les mettait dans la boîte un par un ?
L'autocollant "j'ai voté" est fréquemment porté dans les bureaux et centres commerciaux. Il est envoyé avec les bulletins de vote, donc vous pouvez même le mettre sans avoir voté si vous voulez.
Quelques jours plus tard, on a reçu la confirmation par SMS et email que notre vote a été pris en compte :
Il n'y a plus qu'à attendre le résultat le soir du 5 Mars, ou dans les jours qui suivent. Et puis de voter à nouveau pour la Présidentielle à l'automne !
Aux USA, la pratique du sport est divisée en deux catégories : Récréationnel et compétitif. Le sport récréationnel est juste une garderie améliorée, souvent gérée par les parents, et le niveau de pratique n'a pas vraiment d'importance. C'est là où Thomas avait commencé le foot en 2018.
A l'opposé, il y a la pratique compétitive, où les entraîneurs sont payés, il y a plusieurs entraînements par semaine, déplacements une semaine sur deux, parfois assez loin.
Thomas et son équipe après une victoire en tournoi en 2022
La particularité du foot compétitif est que à la fin de chaque saison, une semaine du calendrier est réservée aux tryouts: Des séances d'essais compétitifs où des dizaines de joueurs participent pour essayer de gagner (ou conserver) leur place dans les meilleures équipes de la région.
Pour Thomas, c'était donc la semaine de tryout avec pratiquement une soixantaine d'enfants en concurrence pendant trois soirs d'affilée sur de multiples terrains avec 3 entraîneurs pour les observer, prendre des notes, puis formuler des offres aux parents durant ou après ces séances.
Thomas (numéro 15) en pleine séance de tryouts. Chaque joueur porte le même numéro pendant toutes les séances, et doit sortir du lot que les entraîneurs les remarquent...
Imaginez le stress des parents au bord du terrain... La tension était palpable, d'autant plus que l'entraîneur change d'une saison sur l'autre et qu'il faut donc faire ses preuves en repartant de zéro chaque année, ce qui n'est pas simple. On pouvait aussi reconnaître certains des meilleurs joueurs des équipes rencontrées dans la saison, donc la concurrence était rude.
Le nouveau coach de Thomas avait décidé de faire des offres dès le premier jour, sur le terrain, ce qui veut dire que tous les parents pouvaient voir le nombre de places disponibles dans l'équipe diminuer minute après minute...
Les joueurs s'organisent eux mêmes sur des petits terrains, et les entraîneurs ne font qu'observer et prendre des notes. Pas d'indications données, histoire de voir qui a l'âme de leader sur le terrain.
Pour ma part, j'étais frustré de voir qu'à chaque fois que Thomas brillait, les 3 coachs regardaient ailleurs... Jusqu'à une action qu'il a magnifiquement géré, sous les yeux de l'entraîneur principal, qui l'a aussitôt appelé au bord du terrain pour lui dire qu'il était impressionné et qu'il voulait que Thomas fasse partie de l'équipe.
Dès le premier soir, nous avions donc une offre pour Thomas, à accepter en payant la modique somme de... 400 dollars !!! Ce n'est que le début, car il faudra ensuite en débourser 400 de plus pour 3 nouveaux jeux de maillot, survêtement, et sac à dos aux couleurs du club !
Entre Thomas et Clara, le sport compétitif nous coûte probablement autour de 400 dollars par mois en moyenne...
Thomas à 100% en un contre un
Quatre joueurs (sur 12) de l'équipe de 2022/23 ont perdu leur place en équipe première et seront en réserve la saison prochaine. Et la moitié des participants ne reçoivent pas d'offres et doivent donc trouver un autre club compétitif ou s'inscrire en récréationnel.
Thomas est quant à lui super content car la nouvelle équipe semble très forte. C'est reparti pour un an... Avant de nouveaux tryouts !
En début d'année, Adeline a eu des problèmes de santé qui nous ont obligé à aller aux urgences deux fois avant qu'elle ne soit opérée, également en urgence. Pendant le premier passage aux urgences, elle avait attrapé COVID-19, que j'ai donc eu dans la foulée... La totale !
Aujourd'hui, tout va bien et nous nous sommes remis de ces mésaventures, et c'est l'occasion de vous parler du coût du système de santé aux USA, qui n'a rien à voir avec ce que vous pouvez connaître en France !
Tiens, une facture de 90 000 dollars... Heureusement, on n'a à payer "que" 4546,84 dollars !
D'ailleurs, système de santé est un bien grand mot, car il n'y a pas vraiment de système de santé publique. Le medicare, pour lequel tout le monde cotise durant sa carrière professionnelle, serait l'équivalent de la sécurité sociale en France (pour faire simple), mais cela ne commence qu'à l'âge de... 65 ans !
Donc le gouvernement ne couvre que les retraités, et il me semble les personnes à faibles revenus (en Californie en tous cas avec Medi-Cal), mais pour le reste, on doit passer par des assurances privées.
Et ces assurances ne coûtent pas cher du tout, comme vous pouvez le voir :
Estimation de ce que l'on devrait payer en 2022 pour l'assurance santé... par mois ! Grosso modo entre 230 et 400 dollars par personne selon l'âge.
Il faut également ajouter que ce millier de dollars mensuel, en lui-même, ne couvre quasiment rien du tout : C'est une assurance, comme une assurance maison ou auto, qui ne commence donc qu'après avoir dépensé un certain montant de franchise (appelé deductible). Bien évidemment, on peut choisir une franchise basse, mais le montant de la mensualité augmente alors (je pourrais payer 2000 dollars par mois en choisissant les meilleures options sans franchise !).
Ensuite, l'assurance va couvrir un certain pourcentage de vos dépenses de santé. Plus vous payez cher chaque mois, plus l'assurance va couvrir, cela va de soi.
Il y a enfin un montant maximal que l'assuré va débourser, au delà duquel l'assurance prend tous les coûts en charge jusqu'à la fin de l'année. Dans notre cas, ce coût était de 6000 dollars par personne, ou 12 000 dollars pour l'ensemble de la famille. C'est chiffre est appelé le maximum out of pocket.
Le détail d'une facture reçue pour Adeline, cryptique au possible avec des codes pour chaque coût, parfois avec une réduction de plus de 90% faite par l'hopital à l'assurance, juste parce qu'on a choisi un hopital partenaire de l'assurance (ces montants sont dans la colonne tout à droite).
Pour prendre un exemple concret, on avait un deductible (franchise) à 2000 dollars par personne, mais le premier passage d'Adeline aux urgences a coûté 5000 dollars (pour une prise de sang, 5 minutes avec un docteur, et 4 heures sur une chaise en salle d'attente), donc ces 2000 dollars ont été consommés instantanément.
Ensuite, après les réductions et ajustements divers, l'assurance couvrait un certain pourcentage de ce qui restait à payer, les dernières "miettes" nous étant facturées, souvent des mois plus tard (on vient de recevoir une dernière facture, 10 mois après le dernier passage à l'hôpital !)
Notre max out of pocket par personne était à 6000 dollars, c'est donc ce que cela nous a coûté au final pour l'année pour Adeline.
Il faut ajouter à cela que l'assurance santé ne couvre pas les dents ni les yeux, et il faut donc deux autres assurances pour vision et dentaire ! Heureusement, celle-ci coûtent beaucoup moins cher (10-20 dollars par mois) mais fonctionnent généralement avec le même concept de deductible / max out of pocket.
Idem si vous décidez d'appeler les secours en cas d'urgence, attendez-vous à recevoir une facture de plus de 1000 dollars dans la foulée... A moins d'avoir une assurance spécifique pour ça !
Au final, 2021 nous aura coûté pratiquement 24 000 dollars au niveau santé (assurances + toutes dépenses pharmacie, dentistes, lunettes, etc.), et ni moi ni les enfants ne sommes allés chez le docteur pour maladie cette année, mais j'ai eu dans les 2000 dollars de dentiste en plus des soucis d'Adeline.
En conclusion, la santé aux USA, ça peut coûter cher, surtout si on n'a pas d'économies, et encore plus si on n'est pas assuré. Les chiffres estiment que 60% des SDF vivant dans la rue aux USA aujourd'hui ont perdu leur logement en raison de factures de santé qu'ils ne pouvaient pas payer... Ce qui n'est pas surprenant quand on voit ces chiffres.
En ce début d'année 2021, nous n'avons pas été gâtés au niveau santé : Adeline a fait plusieurs passages aux urgences, attrapant COVID-19 par la même occasion, ce qui fait que je l'ai attrapé aussi.
Si tout ceci est désormais derrière nous (Adeline a eu une opération et se remet bien), nous avons eu l'opportunité de tester un peu plus le système de santé Américain !
La pharmacie Walgreens la plus proche de chez nous est en fait un mini-supermarché
Pour ce premier article, je vais vous parler de comment marchent les pharmacies aux US, car le concept est assez différent de ce qui se fait en France.
D'abord, une pharmacie n'est jamais seulement une pharmacie, mais est aussi une supérette où l'on peut faire des courses basiques. Les deux enseignes majeures autour de Sacramento sont Walgreens et CVS.
A l'intérieur de CVS, c'est un vrai petit supermarché où l'on peut trouver un peu de tout, et même de l'alcool, pourtant absent des fast-foods...
Le coin où se trouve le pharmacien est toujours caché au fond du magasin, selon la tactique classique de faire traverser tous les rayons pour être tenté d'acheter quelque chose d'autre en chemin !
Le véritable coin pharmacie à l'intérieur de la pharmacie
Là où la méthode diffère encore pas mal de la France, c'est que bien souvent, le docteur ou l'hopital peut directement envoyer votre prescription à la pharmacie de votre choix, de sorte à ce que les médicaments puissent être préparés "à l'avance".
Ceci peut sembler efficace, mais bien souvent, il n'en est rien. De notre expérience, il faut souvent attendre de 24 à 72 heures pour que les médicaments soient prêts ! Comment cela est-il possible ?
Tout simplement parce que si on vous prescrit un cachet 3 fois par jour pendant 7 jours, le pharmacien va préparer une petite boite avec exactement 21 cachets, pas la boite complète qui contiendrait le double ou le triple de ce dont vous avez besoin. Il faut donc croire que cela demande des heures de travail supplémentaire.
Quand la prescription est prête, on reçoit un SMS ou email pour nous indiquer d'aller la chercher :
Chaque médicament est dans sa petite boite en plastique avec les instructions et le nom du patient imprimés dessus. Il y a pile la bonne quantité, donc pas de gaspillage.
Un autre avantage en cette période de COVID est qu'il est possible de récupérer ses médicaments à la pharmacie en utilisant un drive thru, sans descendre de son véhicule !
Début janvier, j'ai pu faire mon test COVID de la sorte : La pharmacienne m'a passé un kit de test scellé au drive thru, je fais le test dans la voiture, insère le résultat dans un autre paquet scellé (et comportant l'adresse du laboratoire) que je me mets dans une boite spécifique à côté de la fenêtre de la pharmacienne.
Pas de contact avec aucun être humain, et donc pas de risque de transmission du virus... Surtout que mon test était positif !
Le drive-thru de CVS où j'ai pu faire le test COVID. Dans les faits, j'ai dû descendre de la voiture car une grosse rafale de vent pile au moment où le kit de test m'était passé par la pharmacienne a fait s'envoler le tout jusque dans les buissons que l'on voit sur la photo !
D'ailleurs, si les pharmacies ne sont pas "que" des pharmacies, c'est aussi vrai pour les supermarchés classiques, qui ont généralement eux aussi une pharmacie, comme Walmart ou encore ici à Costco :
Et puisque je parle de Costco, il est aussi important de mentionner qu'il est y possible d'y passer des tests d'audition et de vue, ainsi que d'obtenir lunettes, lentilles, ou prothèses auditives !
Le tout parfois sans rendez-vous, et un à deux jours d'attente dans le pire des cas ! A Besançon, il y avait plus d'un an d'attente pour les rendez-vous ophtalmo - incomparable.
Le bureau ophtalmo de notre Costco local, où l'examen coûte 65 dollars, et les lunettes peuvent être commandées juste à côté, souvent à très bon prix. C'est là où je vais désormais faire mes examens et changements de lunettes, car c'est rapide et efficace.
Voilà donc pour ce petit article sur la pharmacie et les prescriptions. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à m'en faire part en commentaires.
Après avoir parlé du rêve américain en 2019, puis vous avoir donné 5 chiffres fascinants sur l'argent aux Etats-Unis, nous voici au dernier article de cette "trilogie" sur l'argent, à savoir la retraite. L'idée est d'expliquer quel est notre plan personnel pour la retraite, en tous cas à l'heure actuelle, car le plan évolue assez fréquemment.
Je pourrais prendre ma retraite dans 12 ans si je mets 62% de mes revenus de côté... Voilà qui semble intéressant !
Depuis notre arrivée aux Etats-Unis, nous vivons quasiment avec un budget mensuel constant que je vous avais détaillé dans cet article sur le coût de la vie. En revanche, le business marche bien et nos revenus ont doublé, ce qui laisse donc beaucoup de place pour les économies.
Du coup, mettre de côté 50% ou plus de nos revenus n'est pas vraiment compliqué, et c'est ce que je fais depuis au moins deux ans maintenant.
Le calculateur ci-dessus estime donc qu'au rythme actuel et si nos revenus restent constants, je pourrais prendre ma retraite dans 12 ans, soit à 48 ans, ce qui est plutôt sympa et ambitieux à la fois ! Mon objectif officiel est d'arrêter à 50 ans, mais pouvoir prendre ma retraite dans la quarantaine serait encore plus fort.
Prendre sa retraite dans 2 ans ? C'est "jouable" si on économise 95% des revenus durant cette période de temps.
Mais comment ça marche, concrètement ? C'est assez simple. Prenez votre budget mensuel, multipliez le par 300, et vous avez le montant requis pour pouvoir arrêter de travailler. Pour plus de détails sur ce numéro magique, je vous invite à lire l'article complet de Mr. Money Mustache sur le sujet (lui a pris sa retraite il y a 12 ans... à 30 ans !)
Donc si vous vivez avec 1000 dollars par mois, il vous suffit d'avoir 300 000 dollars de côté pour prendre votre retraite.
Dans notre cas, avec 7000 dollars de budget, le nombre magique pour prendre notre retraite est de... ahem... 2,1 millions de dollars.
Voilà une pile d'un million de dollars en billets de 100. Ca paraît plus "jouable" vu de la sorte, non ?
Ok, donc maintenant il faut que je sois deux fois millionaire pour prendre ma retraite, super nouvelle ! Mais c'est sans compter sur notre nouvelle meilleure amie : L'économie américaine !
Car la clé pour pouvoir arrêter de travailler, c'est d'avoir suffisament d'argent placé qui rapporte 5% nets par an ou plus, de sorte à pouvoir utiliser 4% de cette somme pour vivre. Ainsi c'est cet argent qui va "travailler" à l'infini, permettant effectivement de ne plus avoir besoin d'autres revenus.
Et la bonne nouvelle, c'est que les options ne manquent pas pour obtenir 5% de retour sur investissement annuels. La bourse US, ajustée après inflation, rapporte historiquement 7 à 8 % par an depuis sa création (et pour les pessimistes : Ces chiffres incluent les récessions - ce qui veut dire que les très bonnes années sont largement au dessus, par exemple 19,4 % en 2017).
Si cela ressemble à une maison, selon l'économie américaine, c'est plutôt une mine d'or. Elle a pris 100 000 dollars de valeur en à peine 3 ans. Si on décidait de vivre avec 1000 dollars par mois, je pourrais la vendre et prendre ma retraite... maintenant !
L'autre moyen de bien placer son argent est l'immobilier. Notre maison prend pratiquement 10% de valeur par an et nous sommes encore très très loin des prix de San Francisco, donc il y a encore de quoi faire.
C'est la raison pour laquelle on en a acheté une deuxième qui se paie toute seule grâce à AirBnb. Il y a aussi des gens qui investissent dans 2, 3 ou 4 AirBnbs et prennent leur "retraite" dans la foulée, dans la mesure où leur seul travail est de gérer leurs locataires temporaires.
Et puis j'investis aussi beaucoup dans Fundrise, où je possède un petit morceau de... 169 propriétés à ce jour, réparties aux 4 coins des Etats-Unis :
Donc voilà à quoi ressemble notre plan pour le futur. Investir massivement tous les mois de façon diversifiée (marchés, immobilier, etc.) aux quatre coins des US, faire ça pendant 10-12 ans, et on devrait arriver au nombre magique qui permette d'arrêter de travailler.
Cela pourrait aussi aller plus vite si je décidais de vendre mon business à un prix approchant notre nombre magique, par exemple... Il y a plusieurs chemins pour aller à Rome, et nous travaillons sur 2 ou 3 chemins à la fois, donc ça devrait le faire !
Si vous avez des questions, n'hésitez pas à m'en faire part en commentaires.
Il y a quelques semaines, Thomas a joué un match de foot à Roseville. Le long de l'interstate 80 juste après Roseville se trouve un magasin Bass Pro Shops, qui ressemble à un immense chalet en pierres et en rondins de bois :
L'entrée de Bass Pro Shops - Outdoor World à Rocklin
Cela faisait des années que cet imposant bâtiment attisait notre curiosité, alors nous avons décidé d'enfin nous y arrêter et de le "visiter". Car visiter est bien le mot, il suffit de pousser la porte d'entrée pour le comprendre :
Une immense cheminée et des animaux empaillés à tout bout de champ (notez qu'il faisait 30 degrés dehors - mais bon sans feu ça ne ferait pas pareil !)
Le magasin est d'ailleurs tellement grand qu'on peut prendre un prospectus à l'entrée pour aider à s'y repérer un peu. Dehors, il y avait des bateaux de pêche et de plaisance en vente. Du coup, j'ai compris pourquoi beaucoup d'américains s'offrent un bateau : Les premiers prix sont autour de 15-20 000 dollars, et affichés sous forme de paiement à crédit mensuel, cela revient à 120-200 dollars par mois.
Quand on sait que l'Américain moyen n'a pas peur du tout de payer 150 dollars pour mois pour internet + TV + téléphone (certains de ne voisins paient beaucoup plus que ça), il ne fait aucun doute dans leur esprit qu'un bateau au même prix est un formidable deal !
L'entrée est un grand hall avec différents animaux représentés, du canard au bison, aucun ne manque à l'appel ! Et au fond, une chute d'eau qui termine dans un grand aquarium rempli d'énormes poissons d'eau douce.
Ca en jette !
La section camping est super complète, avec des tas de gadgets dont j'ignorais l'existence. Comme vous pouvez le voir, il y a même des minis fours de camping, car les américains voient toujours plus grand et gros que nous, donc le camping ne déroge pas à la règle (cliquez ici si vous voulez une preuve ! Et une autre !)
Des arbres au milieu du magasin ? Pourquoi pas après tout. On est aux US, merde !
Et je ne parle pas de la section chasse ! Jugez plutôt :
Un camouflage de kayak pour chasser sur l'eau, là je suis épaté ! Notez les sprays de peinture camouflage en vente juste à côté.
La section chasse a une impressionnante armurerie, encore plus grande que les lettres HUNTING (CHASSE) qui la surplombent :
Mais le plus dur c'est de traverser la section des quads et bateaux, car les enfants ne voulaient plus partir :
Il y a des bateaux dehors, mais aussi dedans ! Avec une belle sélection de quads, kayaks, et j'en passe !
En juillet dernier, nous avons acheté une Tesla Model 3. Et le mois dernier, nous avons effectué notre premier road-trip avec cette voiture électrique ! Au travers de cet article, je vais couvrir quelques misconceptions communes autour de ces nouveaux véhicules qui n'ont plus grand chose à voir avec les moteurs thermiques.
Notre Model 3 vient de passer les 14 000 kilomètres !
320 miles (514 kilomètres), c'est la distance théorique maximale qu'une batterie pleine est supposée couvrir. La question récurrente que je vois partout, c'est :
Question 1 - Mais où est ce qu'on charge une voiture électrique ?
99% du temps, à la maison ! Ce road-trip en mars 2019 fut notre première opportunité de charger "sur la route", après 8 mois avec ce véhicule ! Le gaz naturel et l'électricité arrivent directement dans la plupart des foyers, mais pas l'essence, du coup les gens ont été habitués à penser qu'une voiture doit "faire le plein" à la pompe.
Mais pour nous, c'est clairement une très rare exception. Il faut faire une sortie de plus de 500 kms sans passer par la maison pour devoir charger sur la route.
Le chargeur et la prise sont fournis avec le véhicule. On a en revanche fait installer une prise 240 V pour charger à 32 miles / heure (51,5 km/h)
Question 2 - Le temps de charge est ultra long, non ?
En dehors des road-trips, le temps de charge quotidien est de 10 secondes de notre temps par jour. 5 secondes pour brancher le soir, 5 secondes pour débrancher le matin, et vous avez une voiture au plein quasi permanent (en fait plutôt 80-90% du plein car c'est mieux pour la durée de vie de la batterie).
Evidemment, la voiture charge de plusieurs minutes à plusieurs heures la nuit (32 miles par heure de charge), en heures creuses, et tout est planifiable depuis l'app Tesla.
Un plein complet prendrait donc 10 heures à la maison, mais pendant la nuit, donc pas de soucis !
Une batterie presque pleine après une session au supercharger, et un "plein" à 18,76 dollars (16,7 euros)
Et sur la route, me direz-vous ? Doit on attendre 10 heures pour un plein ? Et bien non, c'est aussi 5 secondes pour brancher et 5 secondes pour débrancher, et ensuite on peut passer à autre chose durant le temps de charge, qui est au maximum de 1 heure 10 minutes. Pas besoin de rester à côté du véhicule : La prise est verrouillée et on peut vaquer à d'autres occupations pendant la charge, contrairement à une station essence.
Mais il faut savoir plusieurs choses :
1) Le temps de charge n'est pas linéaire. Une batterie bien vidée va charger extrêmement vite au début (jusqu'à 1000 miles par heure avec les tous derniers superchargers), en général dans les 300 miles / heure. En 15-20 minutes, vous pouvez récupérer 50% de charge facilement.
2) Les technologies évoluent. Avec supercharger v3, un Tesla Model 3 peut charger à 100% en une vingtaine de minutes.
3) Le réseau de superchargers a été pensé pour les voitures électriques (incroyable, hein ?). C'est à dire que plutôt que d'en avoir un à chaque coin de rue (inutile car on charge à la maison), les superchargers sont le long de grandes autoroutes loin des villes. Les non-initiés pourraient donc croire que le réseau est limité, car ils ne voient pas ces chargeurs, mais ils sont bel et bien là où le besoin est : Loin de tout.
Le supercharger de Kettleman City est au milieu de nulle part. Et avec 40 places pour charger, il y a de quoi accueillir du monde !
Durant notre road-trip, nous avons rencontré différents scénarios :
1) Les superchargers étaient dans des zones où les hotels ou restaurants se trouvent : Parfait pour charger le soir ou pendant les repas !
Les superchargers ont un look plutôt cool la nuit
2) Le supercharger est à mi distance entre de grande villes : Parfait pour une pause repas / café / toilettes. A chaque fois, la voiture chargeait plus vite que notre temps de repas, donc charger ne nous a jamais ralenti. C'est aussi le truc sympa avec l'électrique : Quand la charge atteint le seuil choisi, ça s'arrête. Pas besoin de débrancher la voiture immédiatement.
Le supercharger de Kettleman City a même une barista qui sert des cafés et une lounge digne d'un aéroport avec des fauteuils confortables pour se reposer. L'app Tesla donne le code au chauffeur pour y accéder gratis.
Le réseau mondial de superchargers avec les données temps réel sur le nombre de kwH livrés et le nombre de miles parcourus par les véhicules Tesla. On y lit que 6 millions de litres de pétrole ont été économisés à ce jour !
Celle-ci est une question que j'avais avant d'avoir une Tesla - et j'ai réalisé à quel point j'étais ignorant avant :
Question 3 - Un véhicule électrique est lourd. Les freins doivent s'user très vite, non ?
Et bien non, c'est exactement le contraire en fait. On ne freine jamais ! C'est ce que certains appellent le single pedal driving (conduite à une seule pédale), et c'est juste formidable.
Pour comprendre le pourquoi du comment, souvenez-vous de la dernière fois que vous avez fait du vélo avec une dynamo pour conduire de nuit. C'était dur, non ? La dynamo utilisel'énergie du mouvement pour produire de l'électricité, ce qui a pour effet de ralentir.
Et bien vous pouvez imaginer qu'une Tesla est juste une grosse dynamo qui peut marcher dans les deux sens : Utiliser la batterie pour générer du mouvement, ou utiliser le mouvement pour recharger la batterie.
Du coup, en descente, il suffit de lever le pied pour activer la régénération d'énergie et ralentir sans utiliser les freins ni consommer de batterie :
J'aime toujours autant voir ce genre d'info sur l'écran : Sur les 17 dernières minutes, consommation négative à - 54 Wh/miles ! Et oui, 17 minutes à charger la batterie en descente plutôt que d'user les freins !
Question 4 - La maintenance doit coûter cher, non ?
On vient de voir que les freins ne servent pratiquement pas, donc leur durée de vie va être très longue. Pas d'huile, pas de bougies, pas de filtres, pas de transmission, pas d'échappement... D'ailleurs, je plaisante souvent sur le fait qu'il n'y a pas de moteur !
La seule vraie maintenance est de changer les filtres à air pour la clim tous les deux ans. Le liquide de refroidissement de la batterie tous les 4 ans. C'est tout.
La durée de vie de la batterie est supposée être de 300 à 500 000 miles (482 à 804 000 kms), et il suffit de remplacer certains modules pour repartir comme neuf. La mécanique est prévue pour faire 1 million de miles (1,6 million de kms). Des chiffres tout simplement incroyables pour l'industrie automobile.
La voiture a planifié toute seule l'arrêt pour charger. Toutes les infos apparaissent sur l'écran central et sont rafraichies en temps réel. Ah oui, j'oubliais de préciser que la voiture est connectée à internet en permanence, et que cet accès à internet est gratuit et permet d'écouter radios et musiques de n'importe où dans le monde en conduisant !
Question 5 - D'autres trucs cool à savoir ?
La liste pourrait être longue, je vais donc en sélectionner quelques uns :
1) Une Tesla s'améliore au fur et à mesure du temps avec des mises à jour logicielles. Par exemple, la semaine dernière, nous avons eu une mise à jour qui donne 5% d'amélioration en accélération, et 15 miles de plus en autonomie de batterie ! Et ces mises à jour sont gratuites.
Mise à jour logicielle dans 1 minute 33 secondes ! Récemment, nous avons eu une mise à jour qui utilise les caméras du véhicule pour filmer toute activité suspecte et prévenir le propriétaire si quelqu'un essaie de voler la voiture !
2) Le pilotage automatique. C'est une option logicielle payante que je n'ai pas, mais tous les véhicules ont le matériel nécessaire (capteurs, caméras, radar, etc.). De temps à autre, Tesla nous propose un essai gratuit de 15 jours, que je prends avec plaisir :
Et hop, on appuie sur un bouton depuis le smartphone, et la voiture se gare toute seule dans le garage!
A l'avenir, la conduite autonome complète devrait être disponible. A l'heure actuelle, c'est principalement sur autoroute. La voiture sait doubler, changer de voies, prendre les sorties, mais ne connait pas encore feux et stops par exemple.
Tesla compte d'ailleurs lancer son propre réseau de taxis autonomes, avec l'idée que votre voiture pourrait être utilisée pour générer des revenus en ayant un job de taxi automatisé quand vous ne l'utilisez pas !
A Yosemite le week-end dernier
Perso, je trouverais sympa que la voiture puisse rentrer toute seule à la maison quand je dois prendre l'avion, histoire de ne pas avoir à payer de parking sur place par exemple. Probablement d'ici quelques années, mais en attendant, conduire une Tesla donne vraiment l'impression d'avoir un véhicule digne de 2019, et c'est dur de devoir passer à des véhicules thermiques une fois qu'on y a gouté !
D'ailleurs, si ça vous intéresse, vous pouvez gagner 1600 kilomètres (1000 miles) de charge gratuite à l'achat d'une Tesla si vous utilisez mon lien parrainage. Je gagnerais la même chose dans ce cas. Le lancement en Europe est effectif depuis quelques semaines, donc ce n'est plus limité qu'à l'Amérique du Nord !
Voilà un article que je voulais écrire depuis des mois, sans jamais savoir par où commencer. Il faut dire que les USA sont un pays en mouvement permanent, où tout bouge très vite, et que je pourrais écrire un livre sur ce genre de sujet, alors dur de se lancer... Quand on ne sait pas où s'arrêter !
Une photo de notre premier voyage avec Thomas en Californie... C'était le tout début de notre rêve américain !
Qu'est ce que le rêve américain ? La définition varie. Pour certains, c'est l'accès à davantage de liberté, pour d'autres, l'Amérique représente davantage d'opportunités, tandis que de façon plus récente et terre à terre, le rêve américain représente l'accès à la propriété pour la majorité des classes sociales.
Toutes ces définitions sont parfaitement valables en 2019. D'une façon générale et officielle, c'est le libre accès à l'ascension sociale quelque soit la famille, l'origine et les moyens d'une personne. De notre point de vue, c'est certainement tout ça à la fois !
Obtenir un visa pour s'installer aux Etats-Unis est un véritable challenge (je sais de quoi je parle !), car les candidats sont toujours aussi nombreux, comme le prouve la volonté de fermer ou sécuriser davantage certaines frontières.
C'est d'ailleurs l'un des points forts de ce pays : Quelque soit le climat économique ou politique, le système est suffisamment libéral pour que l'influence des gouvernants publics ou privés ne puisse vraiment impacter ces libertés individuelles... A condition bien sûr de respecter le peu de lois en place.
Les visas E2 ayant permis de nous installer aux USA
Mais revenons en au rêve américain en 2019. Depuis quelques mois, un nouveau phénomène a pris de l'ampleur, au point qu'il porte désormais un nom : FIRE, un acronyme pour Financial Independence and Early Retirement (Indépendance Financière et Retraite Anticipée).
Aujourd'hui, j'ai le sentiment que FIRE est l'ultime frontière du rêve américain : Pouvoir prendre sa retraite le plus tôt possible pour profiter de la vie avant qu'il ne soit trop tard, avec pour idée principale que nous passons les années les plus intéressantes de notre vie à travailler, seulement pour pouvoir souffler à un âge où la santé et l'énergie ne permettent plus forcément de pouvoir faire tout ce que l'on voudrait durant notre passage sur cette planète.
Je pourrais citer pas mal d'exemples (comme Pete Adeney, qui a pris sa retaite à... 30 ans !), et le mouvement a certainement été popularisé par Tim Ferriss avec son livre "The 4-hour workweek" en 2008. L'idée ne date donc pas d'aujourd'hui, mais elle commence à être mentionnée dans les médias, ce qui n'était pas le cas il y a dix ans.
Si tous n'atteignent pas cet idéal, il est cependant de plus en plus évident que le nombre d'américains travaillant de façon indépendante est en grande augmentation, ce qui constitue une étape importante dans cette poursuite de totale indépendance. En effet, ne plus avoir à aller au bureau tous les jours et être libéré d'un employeur permettent d'économiser du temps et de gagner davantage d'argent.
Avoir une activité freelance sera même le cas pour la majorité des américains d'ici 2027 selon l'étude annuelle d'Upwork :
En 2018, plus de 35% des américains actifs ont une activité freelance, à plein temps ou en complément de leur job, ce qui un chiffre énorme !
De notre point de vue, l'indépendance financière est une chose à laquelle nous travaillons tous les jours. Sans faire de véritable compromis et au rythme actuel, je devrais pouvoir arrêter de travailler dans 15 ans, soit à 51 ans. Mais si nous décidions de réduire nos dépenses par deux, par exemple en achetant une plus petite maison et en vivant dans un endroit moins cher, prendre notre "retraite" à 43-44 ans est de l'ordre du possible.
Je sais, cela semble dingue, mais c'est aussi ça, le rêve américain : Envisager des choses quasi impossibles dans notre contrée d'origine !
Reste à définir le terme "retraite", me direz vous. Dans le cas de FIRE, la définition communément admise est de pouvoir vivre de revenus passifs pour une durée infinie, rendant le travail rémunéré optionnel.
Cela peut sembler irréel, mais les stratégies sont diverses et variées pour en arriver là.
Par exemple, j'ai rencontré Douglas Tsoi à Portland l'an dernier, et sa conquête de l'indépendance financière a consisté à acheter une maison à 360 000 dollars en liquide, dans laquelle il vit, et loue le sous-sol sur AirBnb. Avec l'absence de prêt immobilier et les revenus de location, Douglas a suffisament pour subvenir à ses besoins sans avoir à travailler.
Ce qui est intéressant, c'est que l'idée de base de FIRE est d'avoir juste assez pour vivre, ce qui peut sembler en contradiction totale avec l'image que les gens peuvent avoir des USA, société de consommation où il faut dépenser toujours plus.
Mais l'idée d'avoir une liberté totale au jour le jour semble désormais avoir du succès... Affaire à suivre !
Si le sujet vous intéresse et que vous voulez un autre article sur le sujet, avec davantage d'exemples et mon propre plan vers l'indépendance financière, merci de laisser plein de commentaires et de questions !
La vie aux Etats-Unis est toujours fascinante, car même après toutes ces années passées ici, il nous arrive encore d'être surpris au quotidien.
Il y a quelques semaines, une enveloppe reçue dans le courrier attire mon attention. 90% de ce que nous recevons par la poste est des offres pour des cartes de crédit, bien souvent avec des fausses cartes à l'intérieur ou ces faux tampons "urgent" ou "confidentiel" qui sont tellement ridicules que je me demande si quelqu'un y croit encore :
On y croit les gars...
Bref, cette enveloppe était différente. Rien de bien exceptionnel dessus, pas de tampon ridicule, à l'exception du fait que dans la fenêtre dans l'enveloppe, on pouvait voir ce qui ressemblait à un chèque de... 87 000 dollars ! Mieux encore, chèque rédigé à mon ordre :
Avant d'ouvrir, il me fallait prendre une photo !
A ce moment, je me dis, "Excellent, voilà enfin des gens qui savent attirer mon attention. Je suis obligé d'ouvrir cette enveloppe avant de la mettre à la poubelle, je veux voir ce qu'ils nous promettent !"
Alors je l'ouvre, et il y a effectivement un (faux) chèque de 87 000 dollars, avec les explications qui vont avec. Mais après lecture, je suis d'autant plus curieux, car l'argumentaire est plutôt bon.Voilà ce que ça dit, de façon résumée :
"Alain, Depuis que tu as acheté ta maison en 2016, celle-ci a pris 87 000 dollars de valeur. Le problème, c'est que même si cet argent t'appartient, tu ne peux pas l'utiliser tant que tu ne vends pas ta maison. Nous te proposons quelque chose de différent. Nous savons que ta maison va continuer de prendre de la valeur, et pour que tu puisse en bénéficier dès aujourd'hui, nous te proposons de toucher ce chèque de 87 000 dollars, et lorsque tu vendras ta maison dans le futur, toute plus value réalisée au delà de ces 87 000 dollars sera partagée 65-35 entre toi et nous. Intéressé ? "
Et là je me dis : Voilà une façon créative de gagner de l'argent. Plutôt que de présenter leur solution comme un prêt avec taux d'intérêt, le message est "on investit dans ta maison maintenant, et quand tu la vends, on partage le profit".
Les américains adorent utiliser leur maison comme un moyen de générer du cash !
Typiquement, cela marcherait ainsi : Si la maison finit par prendre 107 000 dollars de valeur, à la revente, les 20 000 dollars de plus value sont partagés (65% pour moi, 35% pour eux), et je ne touche donc que 13 000, pendant que cette société reçoit alors 94 000 dollars (le retour de ce qu'ils m'ont prêté plus leurs 7 000 de plus value). Au final, c'est équivalent à 8% d'intérêts pour eux, ce qui n'est pas mal du tout. Dans certains cas, cela leur rapporte 60% de leur investissement initial !
Sauf que du point de vu du propriétaire, il n'y a pas un centime à débourser, c'est là où le système est bien pensé, puisque le paiement vient de la vente de la maison. Il y a évidemment quelques contraintes, comme attendre au minimum 3 ans avant de vendre la maison, histoire qu'elle prenne suffisamment de valeur.
D'un point de vue "reste du monde", cela pourrait ressembler à une arnaque. Mais il faut savoir qu'aux Etats-Unis, ce genre de montage est légion. Les gens refinancent leur maison pour extraire du cash sur la valeur prise, ce qu'ils utilisent immédiatement pour acheter tout et n'importe quoi.
Par exemple, on a un voisin qui s'est offert une Corvette récemment, certainement avec un montage de la sorte, car son salaire ne lui permettrait jamais de s'offrir une telle voiture. Mais si il a acheté sa maison 250 000 dollars et qu'elle vaut aujourd'hui 400 000 (ce qui est ultra fréquent autour de chez nous), il a facilement pu récupérer 150 000 dollars à utiliser pour se faire plaisir.
Trois exemples différents de montages avec cette société. Il faut bien évidemment noter que tous les logements ne sont pas éligibles, et que Unison choisit les marchés en plein boom pour sécuriser de jolis profits.
Il y aussi les home equity loans, des prêts comparables à l'offre ci-dessus, sauf que le remboursement se fait mensuellement, avec intérêts, comme n'importe quel prêt. Donc si une maison vaut 200 000 et qu'il reste 150 000 à payer, un home equity loan permettrait d'emprunter une portion des 50 000, avec bien évidemment la maison en collatéral du prêt.
En conclusion, j'ai fait le choix de ne pas prendre ce chèque, parce que je sais que la maison va continuer à prendre de la valeur et que je veux tout garder pour nous :-) Ceci dit, il est toujours incroyable de voir la créativité mise en oeuvre par certaines compagnies pour trouver des offres qui ressemblent à du gagnant / gagnant. Et surtout, de voir que le tout repose sur une confiance à toute épreuve dans l'économie US.
En revanche, je sais qu'un home equity loan pourrait être une bonne option pour financer un autre AirBnb par exemple.