Cela va faire un an que nous sommes revenus en France après avoir passé 11 ans en Californie. Si vous vous demandez comment ça se passe, ce petit article est fait pour vous. J'ai aussi enregistré plusieurs podcasts, dont le dernier ici il y a deux semaines.
Ce qui a rendu un retour possible et envisageable, c'est de ne pas avoir à travailler en France. Et quand je dis "ne pas travailler", je ne veux pas dire "ne rien faire et toucher le chômage", je veux dire "ne pas avoir de CDD ou de CDI dans une boîte française", car c'est le monde du travail en France qui avait motivé notre départ en 2014.
Du coup, l'idée était de surfer sur ma réputation à l'international pour continuer mon activité de toute façon majoritairement passive depuis 2023 (comprendre : je n'échange que rarement mon temps contre de l'argent, ce qui offre une grande liberté géographique), et parcourir l'Europe avec tout plein de conférences auxquelles je n'avais jamais participé auparavant.
J'ai déjà vu Athènes, Varsovie, Berlin, Paris, et bientôt Munich et Vérone vers la fin de l'année. Même approche qu'aux États-Unis, rien n'a changé !
Pour résumer l'aspect business : Tout va bien de ce côté-là. Je n'ai pas besoin d'avoir des clients en France, même si j'en ai quelques-uns : c'est souvent beaucoup de paperasse, de délais et d'annulations pour une fraction des revenus américains... À titre d'exemple, j'ai fait une formation pour des clients californiens qui m'a rapporté 10 fois plus que la même formation pour un client français deux semaines plus tard... Oui, 10 fois plus, et on ne m'a pas demandé de numéro de SIREN, TVA, NDA, Qualiopi, ou je ne sais quel autre acronyme dont la France raffole.
Le vrai bémol, en France, c'est encore et toujours l'administratif. Il a fallu six mois pour obtenir une carte vitale. Ce NDA (numéro de déclaration d'activité) pour les formateurs, on me l'a refusé deux fois pour des broutilles : on te demande d'envoyer ta carte d'identité recto-verso sur le web, mais un seul fichier est joignable, donc je n'envoie que le recto, paf, dossier refusé, après deux mois de délai, une lettre recommandée avec accusé de réception, et un délai d'au moins deux semaines avant de pouvoir réessayer.
Bref, ça n'a pas changé, en France, on veut toujours empêcher les gens de travailler et favoriser les grosses boîtes qui, elles, peuvent avoir des tas de gens payés pour jouer à ce genre de petits jeux avec l'administration.
Mais bon, on n'a pas besoin de revenus d'origine française, alors on prend ceux de l'étranger, qui :
1) Sont plus élevés
2) N'ont pas de paperasse
3) N'ont pas de TVA !
Notre vraie crainte avant de revenir en France, c'était l'adaptation des enfants, surtout pour le français, qu'ils n'avaient jamais lu ni écrit dans un contexte scolaire. Si le premier trimestre a été le plus difficile, tout a bien changé depuis. Ce dernier trimestre, Thomas a terminé premier de sa classe en anglais (of course) mais aussi… en français ! Bon, la barre est moins haute que celle de notre temps, mais faire mieux que tous ceux qui sont à l'école en France depuis le début, c'est quand même spectaculaire, surtout pour terminer deuxième de la classe en moyenne générale, à 0,18 point du premier.
Clara a aussi reçu beaucoup de compliments pour sa progression spectaculaire, surtout en dictée, où, selon son enseignante, elle serait l'une des meilleures de sa classe !
Et puis il y a le sport, où les deux se débrouillaient bien aux US, et nous avions donc de bons espoirs que cela se passe bien aussi en France, et ça a été globalement le cas, même si c'était plus difficile que l'école.
Beaucoup de temps en tant que remplaçants pour les deux enfants, qui ont malgré tout su profiter de leur temps d'expression, avec des buts pour Thomas et des victoires pour Clara !
En twirling, Clara a décroché plusieurs championnats du Morbihan et de Bretagne en duo et en équipe, mais surtout la consécration de terminer la saison par un titre de championne de France FSCF en équipe F12 Excellence à Bourg-en-Bresse début juillet ! Son club a même terminé meilleur club de France lors de ces championnats : Nous avons donc bien choisi.
Pour le sport aussi, le rythme est différent : il faut passer les échelons, étape par étape, au fil des saisons, et, bien évidemment, l'expérience acquise à l'étranger n'est pas reconnue. Mais bon, globalement, on ne peut pas se plaindre : gagner un titre national dès la première saison, c'est exceptionnel !
Pour des fans de sport comme nous, la France, c'est un pays idéal. Thomas et moi étions abonnés au FC Lorient toute la saison, nous avons donc vu le PSG, l'OM, le RC Lens, et tous les grands du foot français venir perdre ou faire match nul à Lorient, pour la saison du centenaire du club, ce qui était extra.
Après avoir passé des années à voir le Tulsa FC, Phoenix Rising ou les Tampa Bay Rowdies en deuxième division américaine à Sacramento, c'est quand même autre chose :
À la base, on pensait venir faire une année d'essai en France, et cette année est arrivée à son terme. Nous sommes donc partis pour au moins une année supplémentaire, même si on ne se voit pas bouger pendant quelque temps, au moins jusqu'à ce que les enfants aillent à l'université, mais... Il ne faut jamais dire jamais !
Pour le moment, tout va bien. C'est sûr, en Bretagne, on ne voit pas de fusées aller dans l'espace ou de Cybertrucks sur les routes, mais la vie est plutôt cool et agréable, et après 11 années d'aventures intenses, une petite pause ne fait pas de mal.





