dimanche 11 juillet 2021

5 faits fascinants sur l'Alaska

Nous voici de retour en Californie après 13 jours en Alaska, un voyage que vous avez pu suivre en images pratiquement jour après jour sur Instagram et Facebook.

Pendant que je trie toutes mes photos (plus de 400 !), je vais commencer notre série d'articles sur l'Alaska avec 5 faits assez incroyables sur cet état magnifique.

Trois géants de plus de 4000 mètres de haut vus depuis 150 kilomètres de distance sur une route déserte en plein Juillet. Ca fait pas rêver, ça ?

1) L'état le plus grand, et le plus lointain

L'Alaska fait deux fois et demi la taille du Texas (qui est aussi grand que la France) et quatre fois la taille de la Californie ! C'est donc un état immense.

Une France et une Californie, et il y a encore de la place !

On pourrait aussi penser que l'Alaska est "juste au nord ouest" de la côte ouest des Etats-Unis, mais c'est en fait beaucoup, beaucoup plus au nord, et beaucoup plus à l'ouest. C'est simple, si on avait décidé de prendre la route depuis Sacramento jusqu'à Anchorage, on pourrait penser qu'une fois à Vancouver au Canada, après 14 heures de route, on aurait fait le plus dur, n'est-ce pas ?

Il n'en est rien : La distance de Sacramento à Vancouver par la route ne représente que 30% de la distance jusqu'à Anchorage, qui est d'environ 5000 kilomètres en tout... Une fois arrivés au Canada, il resterait donc 70 % de l'itinéraire à faire à travers la Colombie Britannique et le Yukon. Donc on a pris l'avion !

Les majestueux bald eagles sont partout en Alaska, de loin l'animal que nous avons vu le plus souvent.

2) La population de tout l'état d'Alaska est moins importante que celle de San Francisco !

San Francisco a 875 000 habitants, et l'Alaska n'en a que 732 000. La plus grande ville d'Alaska, Anchorage, a 300 000 habitants, soit 40% de la population de l'état. Les 432 000 autres personnes se partagent donc une superficie de plusieurs fois la France, et ne sont pas embêtées par leurs voisins !

Des lacs et de la verdure partout, et parfois un petit chalet tout seul au bord d'un lac... Sans aucune route pour y accéder. Avion et moto-neige sont deux options fréquemment utilisées.

3) L'avion est le moyen de transport numéro un

2% des habitants d'Alaska ont un brevet de pilote, car les hydravions sont le moyen le plus simple de voyager dans l'état et d'accéder à des petits coins de paradis vierges de toute infrastructure humaine. Vu qu'il y a de l'eau partout (et les moustiques qui vont avec !), les hydravions sont rois. 

A Anchorage, deux lacs situés juste à côté de l'aéroport international servent de "connection" vers tous ces endroits isolés, et sont une véritable base à hydravions :

Le lac Hood et sa base d'hydravions

Le système routier de l'état a moins d'une dizaine de highways, qui sont bien souvent à 2 voies comme sur la première photo de cet article. La grande majorité de l'état n'est donc accessible que par l'eau et par l'air. C'est d'ailleurs le cas de la capitale, Juneau, qui n'a aucune route d'accès direct !

Le réseau routier minimaliste en Alaska, que nous avons donc parcouru en grande partie autour d'Anchorage. Remarquez comme toute la moitié ouest de l'état est inaccessible par la route !

4) Un état acheté à la Russie pour une bouchée de pain

L'Alaska a été achetée à la Russie pour 7,2 millions de dollars, ce qui équivaut à 133 millions de dollars en 2021. Un prix ridicule quand on considère aujourd'hui que l'industrie de la pêche en Alaska rapporte à elle seule 5,6 milliards de dollars par an, et le tourisme 1,1 milliard par an. Et je ne parle pas du pétrole.

L'influence russe dans la culture locale reste très présente, et nous avons vu de nombreuses églises et cimetières orthodoxes.

Eglise et cimetière orthodoxes au village historique d'Eklutna

5) Un climat extrême

Si nous avons bénéficié de températures assez douces (10 à 18 degrés durant la majorité du séjour) grâce au soleil de minuit, l'hiver en Alaska est long et doit être une toute autre affaire. A Anchorage, le température ne dépasse pas les zéro degrés celsius pendant plusieurs mois, et les jour en hiver ne font que 3-4 heures de long, encore moins plus au nord. C'est le prix à payer pour avoir de magnifiques aurores boréales dans le ciel !

Plus sérieusement, c'est la première fois que nous visitions un endroit où la majorité des voitures ont une petite prise électrique qui dépasse du bloc moteur à l'avant, près de la plaque d'immatriculation :


Cette prise est utilisée pour alimenter un petit chauffage qui sert à conserver le moteur du véhicule à une température décente durant l'hiver, afin de pouvoir démarrer sans trop de difficultés !

Voilà donc pour ces 5 faits intéressants qui montrent à quel point l'Alaska est un endroit différent du reste des USA ! Plus d'articles à venir dans les semaines qui viennent, c'est promis.



jeudi 1 juillet 2021

7 ans en Californie

Aussi incroyable que cela puisse paraître, cela fait désormais sept ans que nous sommes en Californie !

Certains diront que le temps passe vite, mais ces sept années ont été tellement bien remplies que, de notre point de vue, cela pourrait faire 15 ou 20 ans que nous sommes ici.

Le jour anniversaire de nos 7 ans, nous avons pris un petit hydravion pour aller survoler le mont Denali en Alaska ! Un souvenir inoubliable.

Nous rencontrons fréquemment des personnes qui vivent en Californie depuis 10 ans ou plus et n’ont pas fait le tiers de ce que nous avons exploré, en Californie ou ailleurs. Du coup, nous vivons plutôt bien ce septième anniversaire !

J’écris d’ailleurs ces mots depuis l’Alaska, mon 48ème état américain sur 50 ! Il ne me restera plus que le Dakota du Nord et la Virginie de l'Ouest à visiter.

Si le temps nous a apporté quelques cheveux blancs, un peu moins d’énergie que par le passé (un constat évident quand on voit l’énergie de nos enfants, qui à 5 et 8 ans, semblent increvables !), force est de constater que notre envie d’explorer et de profiter de notre vie ici sont quasi intactes, presque aussi fortes que lors de notre descente de l’avion à San Francisco en juin 2014.

Devant le Golden Gate Bridge début Avril 2021

En 7 ans, nous sommes devenus résidents permanents des Etats-Unis, avons survécu à Donald Trump, à COVID-19 (que nous avons probablement tous eus, en tous cas c’est certain pour les parents), battu tous les records au niveau business, avons voyagé comme jamais avant et arrivons à un point où il serait envisageable de tout arrêter et prendre notre “retraite” d’ici quelques années, voire même quelques mois si je décidais d’être plus radical/ambitieux.

Tout ceci grâce à un parcours que nous n’aurions même pas osé imaginer à notre arrivée en Californie. Non, je n’aurais jamais pensé que des chasseurs de têtes de Microsoft, Amazon ou Apple tentent régulièrement de me recruter, et que je refuse systématiquement car j’y perdrais en termes de liberté et même de revenus.

Un des tous nouveaux bâtiments de Google à Mountain View. J'ai la chance d'y aller une fois ou deux par an, et c'est parfait comme ça, car nous ne voudrions pas vivre dans la Silicon Valley (à moins d'être multi-millionnaires, auquel cas ce pourrait être acceptable !)

Je n’aurais jamais imaginé que Google décide un jour de me payer billets d’avion et hôtels à Sydney, à Londres ou en Bolivie pour parler de leurs technologies.

C’est tout simplement dingue, mais voilà où nous en sommes après 7 ans ici.

Malgré tout, et comme je le disais déjà l’an dernier, notre vie a désormais un petit train-train quotidien, et ressemble plus à ce que font les gens “normaux”. Avec deux enfants à l’école, nous avons un peu moins de liberté de partir en voyage quand nous le voulons. 

Et vu que COVID fait travailler une grande partie de la population à la maison, nous sommes moins seuls à avoir cette flexibilité, à la différence près que, pour nous, cela restera le cas après COVID. Et on aura toujours la possibilité de déplacer notre environnement de travail à Sedona ou ailleurs comme on l’a fait l’an dernier, ce qui est extra.

Camping à Tahoe en juin 2021

Et le futur, dans tout ça ? Une étape importante va arriver en novembre 2021 : Nous pourrons commencer les démarches pour obtenir la nationalité américaine, ce qui se ferait alors début 2022. Il n’y a plus aucun doute sur notre intention de devenir bi-nationaux, nous avons donc hâte de passer cette nouvelle étape !

A plus long terme, et comme évoqué plus tôt, nous économisons et investissons à fond pour notre retraite, ou plutôt pour une phase de notre vie où travailler pour générer des revenus serait à 100% optionnel, ce que les américains appellent FIRE, et que j'avais abordé ici.

Ces deux explorateurs en herbe n'ont peur de rien ! A l'assaut du glacier Worthington en Alaska ce 1er juillet 2021.

Cela pourrait être fait instantanément si on décidait de partir dans un endroit où le coût de la vie est peu élevé (disons en France par exemple), et un ou deux ans d’efforts si on voulait vivre dans un joli chalet dans les montagnes du Colorado, Arizona, ou Nouveau Mexique… Ou pourquoi pas l'Alaska ?

Pour rester en Californie, il nous faudrait encore six ou sept ans d’efforts.

Tout cela pour dire que ces sept années réussies en Californie nous permettent d’envisager avec quasi certitude une retraite dans le début de notre quarantaine, ce qui est plutôt sympa !

Vue du vieux Sacramento depuis la grande roue le long de l'American River

Allons nous faire sept ans de plus en Californie ? Difficile à dire. Le dérèglement climatique va aussi peser dans la balance, car à un moment donné, vivre avec le feu et la sécheresse pendant la majorité de l’année risque de ne plus être supportable. On verra. Tout ce que l’on sait, c’est qu’on ne manque pas d’options et d’idées, et que l’on ne s’ennuiera pas quoiqu’il arrive !


dimanche 9 mai 2021

Anglais ou français ? Et bien ce sera franglais !

Pour nos enfants, le bilinguisme est une affaire bien souvent rigolote. A la maison, nous parlons tous français, mais en dehors de la maison, tout le monde parle anglais. 

Dans ce petit article, nous allons donc nous pencher sur quelques pépites de language collectées durant ces derniers mois !

Thomas et Clara avec leurs t-shirt de l'école pour l'enseignement à distance

Bien évidemment, le français est la langue natale de nos enfants. Mais leur quotidien, que ce soit à l'école, au foot, ou devant la télévision, c'est une vaste majorité d'anglophonie. 

Du coup, leur vocabulaire évolue beaucoup plus vite en anglais qu'en français, ce qui veut dire que bien souvent, ils connaissent le mot ou verbe en anglais et vont essayer de le "franchiser" au passage.

Par exemple, "je veux essayer" devient "je veux tryer". "vérifier" devient "checker". "sauter" devient "jumper". C'est ce qu'on appelle le franglais ! Et parfois, ce n'est pas simple, mais c'est souvent rigolo.

L'autre jour, Thomas a pu caresser un petit veau derrière la maison, et "carresser" n'est pas un verbe que l'on utlise tous les jours à la maison, donc le franglais est venu à la rescousse :

  • "J'ai pu en caresser un" est devenu "J'ai pu en petter un"
Les veaux qui ont eu la chance de se faire petter par Thomas et Clara !

Mais là où les choses sont souvent plus confuses, c'est dans l'ordre des mots, les pronoms, et les genres. Parce que le français, dans son étrangeté ultime, a décidé que les objets auraient un genre, masculin ou féminin, ce qui n'est pas le cas en anglais, où un objet est... neutre, assez logiquement.

Voilà quelques exemples :
  • "I'm cold" devient en franglais "je suis froid" au lieu de "j'ai froid"
  • "Looking for" devient en franglais "regarder pour" au lieu de "chercher"
    • "Je suis en train de regarder pour mes toys" au lieu de "Je suis en train de chercher mes jouets"
  • "You told me" devient en franglais "tu as me dit" au lieu de "tu m'as dit"
  • "It's on Sunday" devient en franglais "c'est sur Sunday" au lieu de "c'est dimanche"
  • "He shaved himself" devient en franglais " il a rasé son self" au lieu de "il s'est rasé"
Ce qui est intéressant, c'est qu'avant chaque webcam avec les grands-parents, je leur dis "pas de franglais, on parle français, sinon les papis/mamies ne vont pas comprendre". Et bien là, miraculeusement, aucun anglicisme ne sort, le franglais disparait quasi intégralement !

Nous quatre au Golden Gate Bridge début avril 2021

Mais le vrai fun, c'est dans les phrases plus complexes, où il faut parfois s'accrocher pour bien comprendre :
  • "Comment tu peux pas me hearer?" 
    • pour "Comment est-ce que tu peux ne pas m'entendre ?"
  • "Dans mon dream, j'ai vu des girls en train de hanger des thingies" 
    • pour " Dans mon rêve, j'ai vu des filles en train d'accrocher des trucs".

Et pour finir, deux chef d'oeuvres qui nous ont fait éclater de rire, un de Clara et un de Thomas :
  • Clara : " Quand tu vois une letter avec une pyramid sur son back"
    • littéralement : "Quand tu vois une lettre avec une pyramide sur son dos"
    • pour: "Quand tu vois une lettre avec un accent circonflexe"
  • Thomas: "Si t'as pas de bone, ta mouth elle peut se opener plus wide qu'un house"
    • littéralement: "Si t'as pas d'os, ta bouche elle peut s'ouvrir plus grand qu'une maison" 
    • pour: "Si tu n'avais pas de machoire, ta bouche pourrait s'ouvrir grand comme une maison"
Comme vous pouvez le voir, on a du travail, mais on rigole beaucoup !