dimanche 29 août 2021

[Alaska] A la conquête de Denali (jours 3-5)

Le troisième jour de notre grand voyage en Alaska, nous avons pris la Parks Highway en direction du nord afin de voir le mont Denali, la plus haute montagne d'Amérique du Nord (6190 mètres d'altitude), qui est aussi le troisième pic le plus prohéminent et isolé du monde après l'Everest et l'Aconcagua.

Pratiquement seuls au monde sur la route en pleine période de vacances, c'est aussi ça l'Alaska !

Le premier jour, nous parcourons 300 kilomètres le long de la chaîne d'Alaska et contournons Denali par le nord, mais les nuages nous empêchent de voir cette montgane majestueuse que seuls 30% des visiteurs peuvent apercevoir. 

Il n'y a que des petits Californiens pour porter bonnet et pull par 15-16 degrés !

Dans le parc national, nous faisons un arrêt au chenil des chiens de traineaux. Les huskies sont utilisés pendant une bonne partie de l'année pour aller secourir des intrépides perdus dans les montagnes, mais aussi pour permettre aux rangers d'aller maintenir certains refuges et logements du parc non accessibles pendant des mois.

Les chiens sur leurs grandes niches en bois

Après quelques petites randonnées, nous rejoignons l'hôtel pour la nuit aux portes du parc. Le lendemain matin, la pluie fait place à des éclaricies et à l'espoir de voir enfin le mont Denali :

Ciel bleu et route mouillée

Panorama de la forêt boréale  aux pieds des montagnes, et le géant Denali caché dans les nuages

La route du parc termine après une grosse dizaine de kilomètres et n'est ensuite autorisée qu'aux bus du parc national, que nous décidons de ne pas prendre, car approcher de Denali en bus n'enlèvera pas les nuages. Les paysages restent grandioses malgré tout.

Du coup, nous rebroussons chemin en direction de Talkeetna où nous passerons la nuit. Sur la route, les nuages se dissipent un peu, et nous apercevons pour la première fois des morceaux de Denali qui se montre petit à petit :

Denali, te voilà enfin !

A ce moment-là, mission accomplie, nous avons aperçu cette gigantesque montagne, certes pas en entier, mais peu importe ! A Talkeetna, nous visitons le petit "centre village" qui est l'un des plus touristiques d'Alaska, avec des restaurants à terrasse, des bâtiments historiques, et un peu de monde et de vie, ce qui assez rare dans ces petits bourgades du grand Nord.

Boutiques historiques à Talkeetna

Après une petite promenade dans le village, où une piste d'atterrissage sur herbe permet aux pilotes locaux d'atterir à une centaine de mètres du centre historique, nous rentrons au petit chalet où nous allons passer la nuit. C'est alors que que dans mon retroviseur, le géant Denali a enfin décidé de dévoiler toute sa splendeur, émergeant au dessus de la couche nuageuse :

Vue de Denali depuis Talkeetna

Le lendemain matin, pour notre dernier jour dans la région avant de partir plusieurs centaines de kilomètres plus au sud-est, le soleil brille et les nuages sont totalement absents. 

Je décide de passer un coup de fil à une agence d'hydravions à Talkeetna pour voir si ils auraient de la disponibilité ce matin même, et miracle, une autre famille s'est désistée, et nous pouvons avoir un hydravion pour nous 4 et aller voler le long des parois du mont Denali !

Notre hydravion et le lac qui servira de piste de décollage et d'atterrissage


Prêts pour une expérience inoubliable ! Les casques servent à nous protéger du bruit et à entendre les indications du pilote.

Une heure de vol au dessus des glaciers et des montagnes enneigées

Passage devant Denali qui ne peut plus se cacher cette fois-ci !

Difficile de décrire une telle expérience, mais voler au milieu de ces paysages, survoler les glaciers et longer des parois rocheuses à quelques dizaines de mètres à peine, sans oublier quelques passages entre des pics que l'on observait à une centaine de kilomètres quelques jours auparavant, c'était quelque chose !

La vidéo ci-dessous vaut tous les mots du monde quant il s'agit de décrire ce que nous avons vu et vécu :

La vidéo montre aussi un chalet à Denali qui a subi quelques attaques d'ours, et la cérémonie où Clara et Thomas deviennent "junior rangers" du parc national de Denali !


Vues absolument incroyables depuis l'avion !

Après cette expérience, le reste du voyage aurait pu être sous une pluie incessante, cela n'aurait plus eu d'importance ! Ce jour-là, nous avons appris que les compagnies d'hydravion sont un peu partout en Alaska.

Leur activité principale et de servir de "taxi" pour emmener des gens vers leurs chalets isolés au milieu de nulle part, puis d'aller les rechercher quelques jours ou semaines plus tard, ou d'aller leur apporter des provisions ou du matériel ! Un style de vie typiquement Alaskan !

Alors que nous arrivons vers Willow, Denali se montre encore plus majestueux que jamais, à 150 kilomètres à vol d'oiseau !

Voilà pour ce petit résumé de nos 3 jours autour de Denali, avec ce vol en hydravion pour clotûrer la visite en beauté ! Ce petit vol nous aura coûté plus cher que l'aller retour de Sacramento à Anchorage en avion, mais c'est une expérience que nous ne ferons peut-être qu'une fois dans notre vie, donc nous avons sauté sur l'occasion.

La suite du voyage très bientôt sur le blog...













dimanche 15 août 2021

[Alaska] De Anchorage à Willow (jours 1-2)

Fin Juin 2021, nous atterrissons à Anchorage pour 12-13 jours en Alaska. Difficile de savoir si le premier jour compte dans la mesure où nous arrivons à Anchorage à pratiquement 11 heures du soir, même si il fait encore grand jour à cette latitude l'été - d'ailleurs, techniquement, il n'aura jamais fait nuit durant notre séjour !

Première vue sur l'Alaska avant atterrissage, à 22h37 : Beaucoup d'eau, de vert, des nuages, et des grandes montagnes enneigées à l'horizon, ce qui sera une constante durant tout le séjour


Le lendemain matin, nous prenons une voiture de location et démarrons avec une petite visite d'Anchorage. Bien qu'étant la plus grande ville d'Alaska, les rues y sont globalement désertes et très espacées. Pas grand chose à voir, mais dans le même temps, une ville n'est pas l'intérêt principal quand on visite le grand Nord !

Vue d'Anchorage depuis l'aéroport

Une grande ville certes, mais la verdure l'emporte !


Le chalet de l'office du tourisme local est plutôt bien fleuri

Les kids devant une peinture murale près de la ligne de départ de l'Iditarod, une course de chiens de traineaux de 1500 kilomètres qui se déroule en 8 à 15 jours entre Anchorage et Nome chaque année

L'après-midi, nous prenons la route pour le nord, et nous arrêtons à Eklutna pour y voir son église et cimetière orthodoxes, les premiers d'une longue série qui illustre l'héritage culturel Russe de l'état :

Eglise orthodoxe d'Eklutna

Les "maisons spirituelles" du cimetière d'Eklutna, une tradition athabaskane (peuples natifs de l'ouest du Canada et d'Alaska centrale), sont supposées héberger l'esprit du défunt pendant 40 jours avant qu'il ne disparaisse

A peine plus loin sur la route, le ciel se découvre et nous permet de profiter pleinement des paysages grandioses de la région à Reflections Lake, qui porte parfaitement son nom :

Reflections Lake

Les nuages sont souvent présents en Alaska mais contribuent à rendre les paysages encore plus magnifiques

Notre route du jour se termine à Willow, qui aurait dû devenir la "capitale sauvage" d'Alaska dans les années 70-80, avant que les Alaskans ne reviennent sur leur décision en raison du coût prohibitif de déplacer les bureaux du gouvernement, qui est donc resté à Juneau.

A Willow, nous n'avons même pas trouvé de restaurant ouvert. Il n'y a qu'une station service, et 1500 chalets (pour 2000 habitants) bien répartis autour des lacs de la région. Nous passons d'ailleurs la nuit dans un petit chalet au bord d'un de ces lacs.

Vue depuis le chalet, avec accès direct et privé au lac, vue sur les montagnes, et verdure omniprésente. Dès le premier jour, nous sommes conquis !

Le lendemain matin, nous partons à l'assaut du parc national de Denali, avec pour objectif de voir la plus grande montagne d'Amérique du Nord, que seuls 30% des visiteurs ont la chance de voir, à cause du temps souvent nuageux. A suivre dans notre prochain article...






dimanche 11 juillet 2021

5 faits fascinants sur l'Alaska

Nous voici de retour en Californie après 13 jours en Alaska, un voyage que vous avez pu suivre en images pratiquement jour après jour sur Instagram et Facebook.

Pendant que je trie toutes mes photos (plus de 400 !), je vais commencer notre série d'articles sur l'Alaska avec 5 faits assez incroyables sur cet état magnifique.

Trois géants de plus de 4000 mètres de haut vus depuis 150 kilomètres de distance sur une route déserte en plein Juillet. Ca fait pas rêver, ça ?

1) L'état le plus grand, et le plus lointain

L'Alaska fait deux fois et demi la taille du Texas (qui est aussi grand que la France) et quatre fois la taille de la Californie ! C'est donc un état immense.

Une France et une Californie, et il y a encore de la place !

On pourrait aussi penser que l'Alaska est "juste au nord ouest" de la côte ouest des Etats-Unis, mais c'est en fait beaucoup, beaucoup plus au nord, et beaucoup plus à l'ouest. C'est simple, si on avait décidé de prendre la route depuis Sacramento jusqu'à Anchorage, on pourrait penser qu'une fois à Vancouver au Canada, après 14 heures de route, on aurait fait le plus dur, n'est-ce pas ?

Il n'en est rien : La distance de Sacramento à Vancouver par la route ne représente que 30% de la distance jusqu'à Anchorage, qui est d'environ 5000 kilomètres en tout... Une fois arrivés au Canada, il resterait donc 70 % de l'itinéraire à faire à travers la Colombie Britannique et le Yukon. Donc on a pris l'avion !

Les majestueux bald eagles sont partout en Alaska, de loin l'animal que nous avons vu le plus souvent.

2) La population de tout l'état d'Alaska est moins importante que celle de San Francisco !

San Francisco a 875 000 habitants, et l'Alaska n'en a que 732 000. La plus grande ville d'Alaska, Anchorage, a 300 000 habitants, soit 40% de la population de l'état. Les 432 000 autres personnes se partagent donc une superficie de plusieurs fois la France, et ne sont pas embêtées par leurs voisins !

Des lacs et de la verdure partout, et parfois un petit chalet tout seul au bord d'un lac... Sans aucune route pour y accéder. Avion et moto-neige sont deux options fréquemment utilisées.

3) L'avion est le moyen de transport numéro un

2% des habitants d'Alaska ont un brevet de pilote, car les hydravions sont le moyen le plus simple de voyager dans l'état et d'accéder à des petits coins de paradis vierges de toute infrastructure humaine. Vu qu'il y a de l'eau partout (et les moustiques qui vont avec !), les hydravions sont rois. 

A Anchorage, deux lacs situés juste à côté de l'aéroport international servent de "connection" vers tous ces endroits isolés, et sont une véritable base à hydravions :

Le lac Hood et sa base d'hydravions

Le système routier de l'état a moins d'une dizaine de highways, qui sont bien souvent à 2 voies comme sur la première photo de cet article. La grande majorité de l'état n'est donc accessible que par l'eau et par l'air. C'est d'ailleurs le cas de la capitale, Juneau, qui n'a aucune route d'accès direct !

Le réseau routier minimaliste en Alaska, que nous avons donc parcouru en grande partie autour d'Anchorage. Remarquez comme toute la moitié ouest de l'état est inaccessible par la route !

4) Un état acheté à la Russie pour une bouchée de pain

L'Alaska a été achetée à la Russie pour 7,2 millions de dollars, ce qui équivaut à 133 millions de dollars en 2021. Un prix ridicule quand on considère aujourd'hui que l'industrie de la pêche en Alaska rapporte à elle seule 5,6 milliards de dollars par an, et le tourisme 1,1 milliard par an. Et je ne parle pas du pétrole.

L'influence russe dans la culture locale reste très présente, et nous avons vu de nombreuses églises et cimetières orthodoxes.

Eglise et cimetière orthodoxes au village historique d'Eklutna

5) Un climat extrême

Si nous avons bénéficié de températures assez douces (10 à 18 degrés durant la majorité du séjour) grâce au soleil de minuit, l'hiver en Alaska est long et doit être une toute autre affaire. A Anchorage, le température ne dépasse pas les zéro degrés celsius pendant plusieurs mois, et les jour en hiver ne font que 3-4 heures de long, encore moins plus au nord. C'est le prix à payer pour avoir de magnifiques aurores boréales dans le ciel !

Plus sérieusement, c'est la première fois que nous visitions un endroit où la majorité des voitures ont une petite prise électrique qui dépasse du bloc moteur à l'avant, près de la plaque d'immatriculation :


Cette prise est utilisée pour alimenter un petit chauffage qui sert à conserver le moteur du véhicule à une température décente durant l'hiver, afin de pouvoir démarrer sans trop de difficultés !

Voilà donc pour ces 5 faits intéressants qui montrent à quel point l'Alaska est un endroit différent du reste des USA ! Plus d'articles à venir dans les semaines qui viennent, c'est promis.



jeudi 1 juillet 2021

7 ans en Californie

Aussi incroyable que cela puisse paraître, cela fait désormais sept ans que nous sommes en Californie !

Certains diront que le temps passe vite, mais ces sept années ont été tellement bien remplies que, de notre point de vue, cela pourrait faire 15 ou 20 ans que nous sommes ici.

Le jour anniversaire de nos 7 ans, nous avons pris un petit hydravion pour aller survoler le mont Denali en Alaska ! Un souvenir inoubliable.

Nous rencontrons fréquemment des personnes qui vivent en Californie depuis 10 ans ou plus et n’ont pas fait le tiers de ce que nous avons exploré, en Californie ou ailleurs. Du coup, nous vivons plutôt bien ce septième anniversaire !

J’écris d’ailleurs ces mots depuis l’Alaska, mon 48ème état américain sur 50 ! Il ne me restera plus que le Dakota du Nord et la Virginie de l'Ouest à visiter.

Si le temps nous a apporté quelques cheveux blancs, un peu moins d’énergie que par le passé (un constat évident quand on voit l’énergie de nos enfants, qui à 5 et 8 ans, semblent increvables !), force est de constater que notre envie d’explorer et de profiter de notre vie ici sont quasi intactes, presque aussi fortes que lors de notre descente de l’avion à San Francisco en juin 2014.

Devant le Golden Gate Bridge début Avril 2021

En 7 ans, nous sommes devenus résidents permanents des Etats-Unis, avons survécu à Donald Trump, à COVID-19 (que nous avons probablement tous eus, en tous cas c’est certain pour les parents), battu tous les records au niveau business, avons voyagé comme jamais avant et arrivons à un point où il serait envisageable de tout arrêter et prendre notre “retraite” d’ici quelques années, voire même quelques mois si je décidais d’être plus radical/ambitieux.

Tout ceci grâce à un parcours que nous n’aurions même pas osé imaginer à notre arrivée en Californie. Non, je n’aurais jamais pensé que des chasseurs de têtes de Microsoft, Amazon ou Apple tentent régulièrement de me recruter, et que je refuse systématiquement car j’y perdrais en termes de liberté et même de revenus.

Un des tous nouveaux bâtiments de Google à Mountain View. J'ai la chance d'y aller une fois ou deux par an, et c'est parfait comme ça, car nous ne voudrions pas vivre dans la Silicon Valley (à moins d'être multi-millionnaires, auquel cas ce pourrait être acceptable !)

Je n’aurais jamais imaginé que Google décide un jour de me payer billets d’avion et hôtels à Sydney, à Londres ou en Bolivie pour parler de leurs technologies.

C’est tout simplement dingue, mais voilà où nous en sommes après 7 ans ici.

Malgré tout, et comme je le disais déjà l’an dernier, notre vie a désormais un petit train-train quotidien, et ressemble plus à ce que font les gens “normaux”. Avec deux enfants à l’école, nous avons un peu moins de liberté de partir en voyage quand nous le voulons. 

Et vu que COVID fait travailler une grande partie de la population à la maison, nous sommes moins seuls à avoir cette flexibilité, à la différence près que, pour nous, cela restera le cas après COVID. Et on aura toujours la possibilité de déplacer notre environnement de travail à Sedona ou ailleurs comme on l’a fait l’an dernier, ce qui est extra.

Camping à Tahoe en juin 2021

Et le futur, dans tout ça ? Une étape importante va arriver en novembre 2021 : Nous pourrons commencer les démarches pour obtenir la nationalité américaine, ce qui se ferait alors début 2022. Il n’y a plus aucun doute sur notre intention de devenir bi-nationaux, nous avons donc hâte de passer cette nouvelle étape !

A plus long terme, et comme évoqué plus tôt, nous économisons et investissons à fond pour notre retraite, ou plutôt pour une phase de notre vie où travailler pour générer des revenus serait à 100% optionnel, ce que les américains appellent FIRE, et que j'avais abordé ici.

Ces deux explorateurs en herbe n'ont peur de rien ! A l'assaut du glacier Worthington en Alaska ce 1er juillet 2021.

Cela pourrait être fait instantanément si on décidait de partir dans un endroit où le coût de la vie est peu élevé (disons en France par exemple), et un ou deux ans d’efforts si on voulait vivre dans un joli chalet dans les montagnes du Colorado, Arizona, ou Nouveau Mexique… Ou pourquoi pas l'Alaska ?

Pour rester en Californie, il nous faudrait encore six ou sept ans d’efforts.

Tout cela pour dire que ces sept années réussies en Californie nous permettent d’envisager avec quasi certitude une retraite dans le début de notre quarantaine, ce qui est plutôt sympa !

Vue du vieux Sacramento depuis la grande roue le long de l'American River

Allons nous faire sept ans de plus en Californie ? Difficile à dire. Le dérèglement climatique va aussi peser dans la balance, car à un moment donné, vivre avec le feu et la sécheresse pendant la majorité de l’année risque de ne plus être supportable. On verra. Tout ce que l’on sait, c’est qu’on ne manque pas d’options et d’idées, et que l’on ne s’ennuiera pas quoiqu’il arrive !


dimanche 9 mai 2021

Anglais ou français ? Et bien ce sera franglais !

Pour nos enfants, le bilinguisme est une affaire bien souvent rigolote. A la maison, nous parlons tous français, mais en dehors de la maison, tout le monde parle anglais. 

Dans ce petit article, nous allons donc nous pencher sur quelques pépites de language collectées durant ces derniers mois !

Thomas et Clara avec leurs t-shirt de l'école pour l'enseignement à distance

Bien évidemment, le français est la langue natale de nos enfants. Mais leur quotidien, que ce soit à l'école, au foot, ou devant la télévision, c'est une vaste majorité d'anglophonie. 

Du coup, leur vocabulaire évolue beaucoup plus vite en anglais qu'en français, ce qui veut dire que bien souvent, ils connaissent le mot ou verbe en anglais et vont essayer de le "franchiser" au passage.

Par exemple, "je veux essayer" devient "je veux tryer". "vérifier" devient "checker". "sauter" devient "jumper". C'est ce qu'on appelle le franglais ! Et parfois, ce n'est pas simple, mais c'est souvent rigolo.

L'autre jour, Thomas a pu caresser un petit veau derrière la maison, et "carresser" n'est pas un verbe que l'on utlise tous les jours à la maison, donc le franglais est venu à la rescousse :

  • "J'ai pu en caresser un" est devenu "J'ai pu en petter un"
Les veaux qui ont eu la chance de se faire petter par Thomas et Clara !

Mais là où les choses sont souvent plus confuses, c'est dans l'ordre des mots, les pronoms, et les genres. Parce que le français, dans son étrangeté ultime, a décidé que les objets auraient un genre, masculin ou féminin, ce qui n'est pas le cas en anglais, où un objet est... neutre, assez logiquement.

Voilà quelques exemples :
  • "I'm cold" devient en franglais "je suis froid" au lieu de "j'ai froid"
  • "Looking for" devient en franglais "regarder pour" au lieu de "chercher"
    • "Je suis en train de regarder pour mes toys" au lieu de "Je suis en train de chercher mes jouets"
  • "You told me" devient en franglais "tu as me dit" au lieu de "tu m'as dit"
  • "It's on Sunday" devient en franglais "c'est sur Sunday" au lieu de "c'est dimanche"
  • "He shaved himself" devient en franglais " il a rasé son self" au lieu de "il s'est rasé"
Ce qui est intéressant, c'est qu'avant chaque webcam avec les grands-parents, je leur dis "pas de franglais, on parle français, sinon les papis/mamies ne vont pas comprendre". Et bien là, miraculeusement, aucun anglicisme ne sort, le franglais disparait quasi intégralement !

Nous quatre au Golden Gate Bridge début avril 2021

Mais le vrai fun, c'est dans les phrases plus complexes, où il faut parfois s'accrocher pour bien comprendre :
  • "Comment tu peux pas me hearer?" 
    • pour "Comment est-ce que tu peux ne pas m'entendre ?"
  • "Dans mon dream, j'ai vu des girls en train de hanger des thingies" 
    • pour " Dans mon rêve, j'ai vu des filles en train d'accrocher des trucs".

Et pour finir, deux chef d'oeuvres qui nous ont fait éclater de rire, un de Clara et un de Thomas :
  • Clara : " Quand tu vois une letter avec une pyramid sur son back"
    • littéralement : "Quand tu vois une lettre avec une pyramide sur son dos"
    • pour: "Quand tu vois une lettre avec un accent circonflexe"
  • Thomas: "Si t'as pas de bone, ta mouth elle peut se opener plus wide qu'un house"
    • littéralement: "Si t'as pas d'os, ta bouche elle peut s'ouvrir plus grand qu'une maison" 
    • pour: "Si tu n'avais pas de machoire, ta bouche pourrait s'ouvrir grand comme une maison"
Comme vous pouvez le voir, on a du travail, mais on rigole beaucoup !

dimanche 25 avril 2021

2021 démarre sur les chapeaux de roues - Business update n°25

Déjà le 25ème article "business" trimestriel sur le blog ! Ca ne nous rajeunit pas tout ça, mais cela fait plus de six ans que je poste cet article tous les 3 mois pour résumer nos diverses activités professionnelles et investissements aux Etats-Unis. 

Mon bureau en mode studio d'enregistrement pour les conférences à distance

Avant 2020, je pouvais profiter de ces articles pour glisser quelques photos de mes voyages business, mais ça c'était avant COVID-19. Cette année, vu que Google anticipe quelques mois de plus avant que les conférences "en personne" ne reprennent leur cours normal, la société a proposé à tous ses experts 200 dollars de remboursement sur du matériel audio/vidéo. 

J'en ai donc profité pour acheter un écran vert, une lumière et un filtre pour mon micro, de quoi avoir un vrai petit studio d'enregistrement à la maison !

J'ai également acheté des grilles pour mettre en valeur les souvenirs obtenus à diverses conférences et événements ces dernières années, histoire de décorer un peu mon bureau et de me souvenir de la vie avant COVID.

En 2018, je vous annonçais jouer l'équivalent d'une finale de coupe du monde en étant sélectionné pour intervenir à ng-conf 2018, la plus grande conférence au monde dans mon domaine (Angular).

J'avais postulé à nouveau en 2019 et en 2020, sans succès. J'ai persisté en 2021, et j'ai été sélectionné une seconde fois ! La conférence avait lieu en ligne cette fois-ci, donc pas de voyage à Salt Lake City, mais simplement l'honneur d'être à nouveau devant une audience de plusieurs milliers de personnes pendant quelques minutes :

Ma seconde finale de coupe du monde !

L'année a donc très bien débuté, et plusieurs de mes clients historiques ont déjà bien rempli mon calendrier en séances de formation (à distance toujours) pour 2021... 

L'autre victoire importante est que l'examen de certification que j'ai lançé en 2020 pour aider les gens à trouver un emploi durant la pandémie a pas mal de succès, et que les ventes continuent à un excellent rythme. J'ai donc lancé un second niveau de certification, et un troisième niveau devrait suivre avant l'été 2021, si tout va bien :

Les logos de mes deux examens de certification Angular

J'ai déjà certifié des personnes sur pratiquement tous les continents et dans de nombreux pays : Chili, USA, France, Belgique, Italie, Croatie, Russie, Vietnam, Brésil, Australie, Allemagne, Philippines, et j'en passe.

C'est donc la première fois qu'un lancement de "produit" est aussi bien réussi de ma part. Il faut dire que de nombreuses entreprises cherchent à certifier leurs ingénieurs pour gagner des appels d'offres, ou alors les ingénieurs eux-mêmes utilisent cette certification pour solliciter une promotion ou un nouveau rôle. 

L'idée a donc du succès, et le coût relativement faible par rapport à mes offres de consulting ou formation rend la certification accessible tout autour du monde. 

J'ai même du recruter des intervieweurs pour l'Amérique du Sud face à la demande pour avoir les entretiens finaux en espagnol plutôt qu'en anglais !

Je ne m'ennuie donc toujours pas, même si j'aimerais bien voyager un peu... Voilà donc pour Q1 2021, rendez-vous dans trois mois pour le prochain bilan !


dimanche 28 mars 2021

San Antonio, Texas

Dernier article de notre voyage au Texas en Novembre 2020. Notre dernière visite fut San Antonio, et de loin la plus belle ville visitée dans le Lone Star State !

La chapelle de Fort Alamo, l'un des emblèmes les plus forts du Texas

La première visite incontournable, ce sont les ruines de la mission Alamo, assiégée et prise par les Mexicains contre les Texans en Mars 1836. Outragés par la cruauté des Mexicains qui n'ont épargné aucun Texan dans la bataille, les Texans retourneront la situation un mois plus tard, scellant ainsi leur indépendance du Mexique.


Fortifications de l'Alamo

Aujourd'hui, les ruines de la mission Alamo sont surtout de grands jardins verdoyants et la chapelle mythique de ma première photo. La visite est gratuite (mais sur réservation durant COVID pour limiter le nombre de visiteurs, je ne sais pas comment c'est en temps normal).

Il y a également de nombreuses statues en bronze des héros Texans de l'époque, dont un certain Davy Crockett, qui est d'ailleurs décédé durant ce siège de l'Alamo !


Les canaux de San Antonio

 Autre visite immanquable de San Antonio, ses canaux qui parcourent tout le centre ville et forment une boucle. Nous avons fait le tour guidé en bateau, à l'ombre des palmiers et de la végétation luxuriante, c'est vraiment agréable !

Les canaux sont bordés de voies piétonnes et de nombreuses boutiques et restaurants

Nous avons visité San Antonio en novembre, qui est la meilleure période de l'année pour visiter la ville car raisonnablement chaude (de 20 à 28 degrés le jour durant notre visite) et peu pluvieuse.


Plutôt sympa, non ?

Le centre ville de San Antonio ne parait pas très grand, bien que ce soit la septième plus grande ville des US, et la deuxième plus grande du Texas après Houston, mais devant Dallas. Comme la plupart des villes Texannes, la ville est très étendue (plus de 12 fois la superficie de Paris !).

Centre ville de San Antonio

Je me dois de mentionner que la tête la plus "vue" aux fenêtres de San Antonio, c'est celle de Tony Parker, le basketteur Français qui a tout gagné avec les Spurs de San Antonio, au point que son numéro 9 a été retiré de l'équipe quand il a pris sa retraite, ce qui est l'hommage suprême dans les sports collectifs aux USA. 

Si les Spurs ne joueront plus jamais avec un numéro 9, les maillots de Tony Parker avec ce numéro sont visibles partout dans la ville : Il y est toujours la star absolue !


Sapin de Noël et décorations au Historic Market Square

Notre dernière visite à San Antonio sera un tour des missions hispaniques qui forment le seul site Texan au patrimoine mondial de l'UNESCO, ce qui n'est pas rien.

Mission Espada

Les missions sont très présentes en Californie et au Texas, où les Espagnols s'étaient donnés la "mission" de convertir les natifs américains au Christianisme. Ce sont donc de grands bâtiments qui hébergeaient des centaines de personnes qui devaient y vivre tant que leur conversion religieuse n'était pas complète.



Mission Concepción

La route des missions commence tout au sud de San Antonio et remonte jusqu'à la mission Alamo. L'occasion de voir de vieilles pierres comme on n'a si peu l'habitude d'en voir en Amérique.

Le torche de l'amitié, offerte par le Mexique (!) à la ville de San Antonio en 2002. Derrière au loin, la tour des Amériques.

Voilà donc pour cette visite de San Antonio, qui nous parait de loin être la ville ayant le plus de charme au Texas ! En tous cas, nous avons beaucoup aimé, et nous n'avons pas eu le temps de nous y ennuyer !