lundi 1 juin 2015

Mai en photos

En mai, j'ai poursuivi mon projet 365. Pour mémoire, le challenge est simple : Tous les jours de 2015, je dois prendre une photo et la publier sur le web, l'idée étant d'améliorer ma photographie. Après les petits résumés de janvier, février, mars et avril,  voici donc celui de mai :

Mono Lake avec une tempête à l'horizon

Ce mois-ci, un petit road trip de 4 jours dans la Sierra Nevada m'a permis de prendre de superbes photos de paysages. La météo capricieuse avec des ciels gris m'a incité à être créatif, à utiliser le noir et blanc par moments, mais aussi à patienter et à supprimer des dizaines de photos, la faute à un ciel trop ingérable parfois.

Voici les premières photos de Mono Lake sur Flickr, il m'en reste pas mal à développer, mais quelle belle expérience et super voyage (bientôt en détails sur le blog) !

Ranch dans les grands espaces de l'est de la Sierra Nevada

En ville, l'exploration continue au quotidien. Il devient difficile de dénicher de nouvelles gemmes, même si certains clichés me plaisent beaucoup, comme celui-ci :

Est ce le message, les couleurs ou la composition ? Je ne sais pas mais j'aime !

A plusieurs reprises, je me suis forcé à lever les yeux, car les downtowns américains sont construits à la verticale. Et voilà le résultat :

Une issue de secours "classique"

A force de lever les yeux, j'ai fini par réaliser que certains buildings n'étaient en fait que des étages et des étages de parkings ouverts aux quatre vents. Du coup, j'en ai trouvé un assez haut (10 étages), et en quelques secondes d'ascenseur, voilà un autre point de vue sur la ville :

Sacramento, 10 étages plus haut que d'habitude

Il y a toujours des jours où prendre une photo n'est pas simple, surtout quand mon emploi du temps est bien chargé. Je me retrouve alors en début de soirée avec la "pression" de trouver ma photo du jour, et pas beaucoup de possibilités... Jusqu'à ce que l'arrosage automatique ne se déclenche, et que je me dise : "Tiens, si je me couchais par terre avec mon appareil photo, est-ce que ce ne serait pas cool ?"

Et oui, l'arrosage automatique peut aussi être artistique !

D'autres fois, je suis moins inspiré et j'attends que Thomas ne m'offre une jolie pose. Mais il ne veut pas toujours collaborer, préférant souvent attraper l'appareil photo... Et si je déclenchais quand même pour quelque chose de complètement spontané ?

La photo du jour en un essai - improbable, un peu flou mais finalement assez sympa et original !

Il me faut en général 4 à 10 photos chaque jour pour arriver à en conserver une qui me convient. Il est très rare qu'une seule suffise, mais je sais qu'à partir de 4 j'en aurai toujours une qui sera suffisament sympa pour faire l'affaire. Comme ce dimanche dans la Silicon Valley, où une promenade dans un parc au milieu des collines m'a permis de capturer cette vue campagnarde :

Voilà à quoi peut ressembler la vallée la plus High Tech au monde, si on cherche un petit peu !

Et voilà pour ce petit bilan photo du mois de mai. Pour suivre le projet au jour le jour, il suffit de cliquer ici et la dernière photo s'affiche automatiquement. Rendez-vous le mois prochain pour la suite, et dès mercredi pour un retour sur notre road-trip en Californie du sud !

mercredi 27 mai 2015

Salton Sea, quand le monde marche sur la tête

Avertissement : Cet article va vous paraitre surréaliste. Pourtant, tout ce que je vais écrire ici est bel et bien vrai, aussi dingue que cela puisse paraitre. La Salton Sea est un immense lac salé situé au sud-est de Palm Springs, à mi-distance entre la ville et la frontière avec le Mexique :

Des pélicans sur un grand lac au milieu du désert, jusque là tout est presque normal...

A peine arrivés au visitor center, nos narines détectent une odeur plutôt désagréable. En approchant du bord du lac, on pense comprendre pourquoi :

Des centaines (milliers ?) de poissons morts le long du rivage

Nous apprenons ensuite que la Salton Sea est un lac "naturel créé par erreur par l'homme"... En effet, en 1905, des fortes pluies font monter le niveau du Colorado, qui est détourné à de multiples endroits en différents canaux permettant d'irriguer les champs de la région.

L'augmentation du débit fait alors céder une digue, la résultat étant que durant plus de 14 mois, l'intégralité du débit du Colorado va se déverser dans ce qui s'appelle alors le Salton Sink (l'évier de Salton), une cuvette située à -70 mètres sous le niveau de la mer... Ainsi est née la Salton Sea.

Les bords du lac ressemblent à la vallée de la mort, où le sol se soulève comme torturé par la chaleur

Depuis ce jour, le lac devient de plus en plus salé car alimenté par des rivières et les eaux usées d'origine agricole, sans issue possible vers la mer. Les minéraux restent donc sur place, tout comme les fertilisants utilisés dans les champs.

En conséquence, les algues pullulent, ainsi que les poissons... Jusqu'au point où les algues consomment tellement d'oxygène que tous les poissons meurent asphyxiés. L'odeur abominable vient d'ailleurs des algues plus que des poissons.

Bombay Beach, sur les bords de la Salton Sea

Vous pensez certainement qu'à ce point, nous avons touché le fond. Et bien non, pas encore. Il y a quelques dizaines d'années, des promoteurs ont décidé de créer une sorte de station balnéaire le long du lac, laquelle aurait eu son heure de gloire, avant d'être inondée et presque entièrement détruite lors d'une tempête. Ce qu'il en reste aujourd'hui, c'est Bombay Beach et ses 300 habitants vivant dans des caravanes, mobil-homes ou des ruines :

Maison typique de Bombay Beach

N'ayant pas vu assez de choses étranges ce jour-là, nous décidons de pousser 30 kilomètres plus au sud, jusqu'à Slab City, une autre "ville" de caravanes et mobil-homes où se retranchent des gens ayant décidé (ou pas, selon les cas) de vivre différemment, en marge de la société :

Slab City

C'est à Slab City que l'on trouve la Salvation Mountain, cet étrange monument religieux aussi considéré comme une oeuvre d'art. Nous l'avions découverte dans le film Into The Wild, et être aussi proche de l'endroit nous incitait à faire le détour, aussi fou soit-il :

Salvation Mountain, une cathédrale colorée au milieu de nulle part

En quittant Slab City, un panneau nous prévient : "Attention, réalité droit devant". Il est certain qu'après une telle journée, l'avertissement a de quoi être pris au sérieux. Nous rentrons sur Palm Springs véritablement dépaysés, pour ne pas dire plus.

Passage à niveau sur la route du retour

Quelques jours plus tard, intrigué par tout ceci, j'apprends l'existence d'un documentaire intitulé Bombay Beach, que nous avons donc regardé avec curiosité, histoire de comprendre comment et pourquoi on peut vivre là-bas, dans un endroit où rien ne semble facile, loin de tout. Voici la bande annonce :


Le documentaire est aussi étrange que l'endroit... Outre l'atmosphère surréaliste propre au lieu, les trois personnages principaux le sont tout autant sinon plus :

  • Un petit gamin à moitié détraqué dont les parents ont fait de la prison pour avoir créé une sorte de milice. Extrait d'une interview du père : "Ils n'ont pas voulu de moi dans l'armée, et dans le désert on s'ennuie pas mal, alors on a pris des grenades, des fusils et on s'amusait comme on pouvait" 
  • Un petit papy philosophe de Slab City, trafiquant de cigarettes à ses heures
  • Un jeune joueur de foot US qui espère un jour devenir professionnel. Lui a quitté Los Angeles après que son frère ait été assassiné par des gangs...

Si le documentaire n'apporte pas de réponse (ce serait trop facile !), il montre une facette intéressante du rêve Américain, à l'endroit même où ce dernier semble ne plus du tout exister. Je vous le recommande donc !

Voilà donc pour ce paragraphe sur le lieu incroyable qu'est la Salton Sea. J'ai essayé d'être aussi complet que possible, même si il y aurait encore à dire, donc n'hésitez pas à poser des questions en commentaires.

Vous pouvez désormais retourner dans le monde réel, droit devant !

lundi 25 mai 2015

Tour de Californie 2015

Il y a 15 jours se déroulait le tour cycliste de Californie, une course par étapes qui se déroule sur 8 jours ! Sacramento étant la capitale de l'état, nous avions la chance d'avoir la première étape du tour "à la maison", avec un tracé de 203 kilomètres partant de et arrivant à Sacramento. L'occasion pour nous de vivre l'événement à fond :

Effervescence sur la ligne de départ / arrivée le dimanche matin

Le tour de Californie se déroule en même temps que le tour d'Italie, ce qui veut dire que toutes les "pointures" du cyclisme international n'y participent pas, mais la course promettait un beau duel entre Peter Sagan et Mark Cavendish, qui à eux deux ont d'ailleurs remporté 6 des 8 étapes !

Pour nous, tout commencait le dimanche matin sur la Capitol Mall, la grande avenue faisant face au capitole de Californie :

Les cyclistes à l'échauffement sur le Capitol Mall

Les cars des équipes occupaient la moitié de l'avenue (l'occasion de tout voir de près - matériel, véhicules, etc.), l'autre moitié étant bien évidemment réservée pour la course. Puis le grand départ était donné, derrière un beau cortège de motos et 4x4 de police :

C'est parti...


Et voilà le peloton au petit trot !

Les organisateurs ont eu la bonne idée d'organiser la course féminine en parallèle, ce qui veut dire que juste après le départ de la course masculine (qui partait dans les champs pour une bonne partie de la journée), nous avions droit à cette seconde course qui elle restait dans les rues de Sacramento pendant 2 heures de course dans une boucle autour du capitole. Le spectacle était ainsi non-stop :

Le premier tour de la course féminine, devant 50 000 spectateurs dans les rues de Sacramento !

Il y avait évidemment un petit village avec tentes des sponsors, écrans géants, concerts, concours pour gagner des petits cadeaux, buvettes et compagnie... On est toujours aux US, donc l'événement ne peut être qu'énorme, cela va de soi :

Le village course juste devant le capitole

Voilà une brochette qui ne va pas faire long feu...

Un parking à vélos gratuit... Et plein à craquer ! Pratique pour éviter de prendre la voiture

Et puis nous avons récupéré pas mal de petits cadeaux, avant de voir l'arrivée de la course féminine, puis de rentrer à la maison en début d'après-midi :

Les filles foncent vers la ligne d'arrivée

Plusieurs sacs du Tour, un verre, des autocollants et... une gourde de coureur récupérée au bord de la route !

L'après-midi, je suis retourné voir la course passer en dehors de la ville pendant la sieste de Thomas (c'est d'ailleurs là que j'ai récupéré la gourde - que le coureur a lancé quelques mètres devant moi) :

Le peloton fonce pour rattraper les échappés... Ce qu'il fera avant d'entamer les 4 tours du circuit final autour du capitole, un peu comme le Tour de France aux Champs Elysées !

J'ai suivi le tour de Californie au jour le jour grâce à la retransmission gratuite en streaming, et la course a vraiment été passionante jusqu'au bout. C'est même un Français, Julian Alaphilippe, qui a pris le maillot jaune l'avant-dernier jour après une superbe échappée en montagne...

On pensait donc qu'il allait gagner la course, mais grâce à une bonification de 5 secondes et une troisième place au sprint sur la dernière étape, c'est Peter Sagan qui l'emporte finalement. Alaphilippe termine tout de même meilleur jeune du tour de Californie :

Photo finish de la dernière étape, et cette 3ème place millimitrée qui donne le bonus et la victoire finale à Sagan

Cette année, le tour passait par San José, Santa Barbara, Pismo Beach, avant de finir à Los Angeles. Une des étapes en contre-la-montre a même été remplacée à la dernière minute pour cause de neige à Big Bear Lake. En tous cas, rendez-vous l'année prochaine pour le tour 2016 à Sacramento !